Comme ça s'écrit…


Radis, Hoooo !

Posted in Promo par Laurent Gidon sur 27 février, 2008

Oh là làààà ! Désolé, je ne vois pas comment je vais retomber sur mes pieds avec un titre pareil. Mais bon, c’est posé et – bien que la moderne technique me permette de le modifier – on va dire que c’est une sorte de geste, comme un peintre qui aurait slashé sa toile et se trouve bien obligé d’exploiter de qu’il en reste.
Donc, radio…
Non, mais vous avez vu ? Voilà que je me compare à un artiste, un vrai (aparté : mon beau-père considère que l’écriture ne compte pas parmi les arts majeurs, alors que la peinture, la musiqure, la sculpture et l’acupuncture, si), comme si ce blog était une œuvre… Pffff !
Donc, la radio(thérapie ?)…

Au début, j’étais tout coincé : qu’est-ce donc que j’allais dire ? Mais vu que Citrouille elle-même, ainsi que ma nature gentiment décontractée, m’avaient encouragé à ne pas m’en faire, je suis arrivé assez à la cool. Honnêtement, j’ai bien fait. Il n’y avait là-bas que des professionnels dont le boulot consiste à me mettre à l’aise pour que je réponde sans aboyer trop fort aux questions qu’on me pose. On allait parler d’Aria des Brumes : les réponses je les connais, j’ai déjà écrit le truc, faut pas stresser. D’autant qu’au début, c’était quasi les mêmes questions que celles qu’on m’a posées sans arrêt quand je tenais ma table de dédicace dans mon hypermarché voisin. Donc tranquille, j’assure la prestation.

Oui, j’ai écrit ce roman pour m’amuser, pour faire plaisir à mon épouse, et pour le plaisir de ceux qui le liront. Non, ce n’était pas difficile, quand on écrit pour quelqu’un ça motive à pousser jusqu’au bout. Oui, les premiers retours sont bons, c’est encourageant et je suis bien content. Non, ce n’est pas un roman trop SF, d’ailleurs il plaît aussi à ceux qui n’aiment pas la SF…

Et puis crac ! « Il y a quand même un style, non ? Une écriture qu’on sent assez travaillée, parfois il faut relire pour bien comprendre. »
Aïe ! Est-ce que j’écris compliqué ? Terreur… Le truc horrible qui fait irrémédiablement fuir l’auditeur alors qu’il se voyait déjà en lecteur.
Réponse (à peu près, de mémoire) : « En fait, ça se passe à deux niveaux. Quand il s’agit de décrire un lieu, un personnage, un développement, c’est vrai que je cherche un ton ou un rythme qui cadre avec ce que j’ai en tête. Un peu comme si j’écrivais avec une caméra, en plans cinématographiques. Mais pour les dialogues et les actions rapides, je privilégie l’efficacité d’une écriture plus simple. Ce sont toujours les personnages et l’histoire qui dictent le style… » Ouf, bien rattrapé ! Lecteur potentiel, reviens à moi.

« Oui, mais quand même, parfois on a l’impression que vous vous amusez, comme un petit garçon qui s’invente une histoire… Il y a des mots, des expressions… »
Merci pour la perche. Cette Virginia a vraiment du talent ! Évidemment que je m’amuse. Sinon, tout le monde s’ennuie. Et si je m’invente un personnage un peu épais, juste pour le plaisir de lui coller des dialogues sans finesse, c’est pour de rire. Et hop ! Relancé sur le plaisir, le Don Lo. Après, il n’y a qu’à dérouler. Trop forts, ces pros de l’info !

Bon, en gros, ça s’est plutôt bien passé. Juste un regret : la directrice d’antenne, depuis la régie, nous donnait le décompte du temps restant et je n’ai pas pu parler du Navire. « Votre temps de parole est écoulé ! »
Alors, je ne vois qu’une solution : j’écris un autre roman pour le Navire, on le publie vite fait, et je retourne à la radio parler de mon éditeur. Facile, non ?
Y a plus qu’à…

Et les radis ? M’embêtez pas avec les radis. Pas de radis… Perdus dans les Brumes.

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La question du « où »

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 24 février, 2008
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Je viens de lire un très bel article de Didier Jacob, article dans lequel il reprend les réponses des auteurs à qui il a demandé, en fin d’interview, non pas comment ils travaillent, mais où.

En dehors du fait que c’est très intéressant, le nombriliste pénible qui sommeille en moi s’est immédiatement réveillé.

« Et moi donc, où c’est y que je bosse ? » (diantre ! un nombril qui parle…)

La réponse tient en une photo passionnante :

Voilà, je viens de flasher le bureau tel qu’il est. C’est le foutriquoir, c’est comme ça. En regardant d’un peu près, on voit une photo de mon premier fils (ce qui permet de questionner « mais où est passé le deuxième ? »), une tasse de thé de la collection Friends Central Perk (je bois beaucoup de thé, donc j’en pisse autant, mais les toilettes sont à côté), une… non deux pipes (quitte à crever trop tôt, autant que ça sente bon), un porte crayons plein avec ma photo dessus (cadeau de mon premier fils, merci Mika), un porte crayons en glaise vernissée marron (cadeau de mon second fils, merci Yoel !) avec pas de crayon dedans, quelques CD (dont un Devendra Banhart à gauche sous le bristol plein de notes), une tapette à mouche souvenir de l’été dernier, et tellement de papiers que c’en est misère.

Question méthode, on remarque que le portable est posée sur un calendrier d’imprimeur qui me permet de noter ce qu’on me dit au téléphone (j’arrache la page quand c’est plein), que j’ai punaisé au mur les cartes de visite de mes clients pour pas chercher leur numéro trop loin, que le routeur WiFi me permet d’aller bosser ailleurs dans la maison quand le désordre me sort par les yeux (c’est plus simple que de ranger) et que ma souris fait des tours dans son fil.

Ce qu’on ne voit pas, c’est les énormes enceintes THX qui me crachent du Wagner ou du Van Der Graaf quand je procrastine, les trois range-CD qui montent jusqu’au plafond (la chute de CA des majors du disque, c’est pas moi), la bibliothèque de BD à droite avec une bande de quelque 600 beaux albums bien dessinés, la pile de factures qu’il faudra traiter avant que mon comptable ne me supplie (ce qui intervient chaque année autour de fin avril) ainsi que ma collection d’affiches et de dossards du Derby de la Meije (la course des fous au palmarès de laquelle je m’enorgueillis de figurer parmi les 100 premiers à chaque participation), et une photo de mon épouse qui me sourit.

Bon, comme je ne suis pas Didier Jacob (ni Paul Auster ou Mark Z. Danielewski), ce n’est pas si intéressant que ça. Tant pis, c’est là que ça se passe… Et vous ?

PS : à ceux qui se demanderaient pourquoi il n’y a pas la couverture d’Aria des Brumes cette fois-ci, je répondrai de mieux regarder la photo (ah ben non, WordPress l’a élégamment coupée).

Sur les ondes…

Posted in Promo par Laurent Gidon sur 22 février, 2008

Je vais passer à la radio. Dit comme ça, on ne voit pas bien l’intérêt, mais c’est pourtant la vérité vraie. Une radio de chez moi me propose une interview pour parler d’Aria des Brumes. Ce qui nous reconnecte avec l’intitulé de ce blog, ouf, tout est d’aplomb.

Mais je vais dire quoi ? Raconter l’histoire ? Faire une lecture en directe ? Parler de moi (horreur !) ? Les plus aguerris d’entre vous sauteront sur l’occasion pour me servir illico que « t’as qu’à laisser faire le journaliste qui va t’interviewer, hé truffe paranoïde ! » Et c’est vrai, les aguerris ont raison. Le journaliste avec lequel je suis en contact est une charmante jeune Virginia. Nous avons correspondu en échangeant des courriels dont la haute tenue augure d’une entrevue tutoyant les sommets. En même temps c’est normal, la station s’appelant Radio Semnoz (et le Semnoz étant la montagne qui domine la rive gauche du lac d’Annecy, ceci pour l’édification du visiteur). Ainsi, à cette longue affirmation de ma part :

Concernant l’interview, je vous l’accorde avec plaisir, tout comme à votre directrice d’antenne. Aria des Brumes est en phase de lancement : la plupart des amis et contacts dont je m’enorgueillis (ça c’est classe comme mot) sont en train de l’acheter ou de le commander. Attendre un peu pour une interview permettra de placer une salutaire piqûre de rappel.

La délicieuse Virginia répondit :

Je pense dès lors que se serait bien pour mon expérience professionnelle de m’occuper de ce cas littéraire que vous êtes; qui plus est maintenant que nous avons établi contact, autant continuer sur la voie qui est tracée.
Enorgueillis, c’est, à n’en point douter, incommensurablement charmant, comme terme !

Les gens qui savent vivre et parler me ravissent.
Donc, je me livre dès mardi entre les mains questionnantes de Virginia. Ceux dont les vacances les pousseront jusqu’à nos rivages pourront suivre sur 91.5 FM. Pour les autres, je tenterai de récupérer un MP3 bloguable. De toute façon, je vous raconterai.
Aria des Brumes à la radio… ce n’est pas encore la télé, mais déjà c’est classe (pas belle expression, c’est clair, et puis la télé c’est Bling Bling alors que la radio c’est… on verra). A mardi donc !

Sinon, bonne nouvelle (surtout pour moi) : avec les dédicaces et les journées au ski, j’étais bloqué depuis près de deux semaines sur le chapitre 7 du truc que je suis en train d’écrire… et je viens de m’apercevoir qu’en fait j’en suis au chapitre 8. C’est petit, comme nouvelle, mais ça fait plaisir. Pas à vous ?

Au paquet, droit dedans !

Posted in Promo par Laurent Gidon sur 19 février, 2008
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Un jour je vais crever. Ce n’est pas une bonne nouvelle, surtout pour moi, mais il faut s’y faire. Et ce jour-là, je saurai au moins un truc : il y a deux ou trois choses dont je n’aurai pas à rougir. Mes enfants, par exemple. Très réussis, mes enfants. Mon épouse confirmera. Et puis quelques rencontres. Par exemple et pour aller au plus court, celles que j’ai faites dans un certain hypermarché où d’ordinaire je viens puiser ce que je ne trouve pas dans le magasin bio d’à côté (ils ne font pas encore de PQ bio, en tout cas pas près de chez moi).

Voilà, quitte à froisser les libraires qui intransigent sur les limites qu’un auteur ne doit pas franchir, j’ai répondu à l’invitation d’un hypermarché pour dédicacer Aria des Brumes. Oui, une invitation, et de la part d’un hypermarché en plus. Parce qu’il faut vous dire que certains libraires intransigent sur tout un tas de trucs. Vous venez leur parler d’un livre que vous avez écrit et qui va sortir bientôt, vous l’auteur piteusement local qui comptait à ce titre pouvoir se rendre utile auprès des libraires, finalement assez locaux eux aussi. L’auteur local se voit alors répondre qu’on (le libraire) ne connaît pas son éditeur, ce qui vous classe d’emblée parmi les minables « compte d’auteur », ou qu’on n’a pas le temps vu qu’il y a toutes les caisses de vrais livres de vrais auteurs chez de vrais éditeurs à décharger, ou qu’on n’a pas de clientèle pour de la science-fiction (la science-fiction ça tache, c’est sale dans les rayons), mais vous aurez compris que je ne parle pas là des libraires enthousiastes qui font heureusement la majorité.

Alors que le responsable du rayon livre de l’hypermarché (qui n’a rien d’autre à foutre, c’est bien connu), prend lui le temps de vous recevoir, de regarder votre ouvrage, de se renseigner auprès du distributeur puis de l’éditeur sur la meilleure façon de faire venir à temps une belle caisse d’Aria des Brumes, puis enfin vous installe une jolie table en plein dans le passage et vous reçoit comme un prince ! Regardez la photo… vous voyez l’énorme panneau au-dessus de la table, mais vous ne voyez pas le café qu’on m’apporte, les viennoiseries croustillantes, et toutes les petites attentions qui font que vous êtes content d’être là. Joli tableau, non ?
Nuançons un chouïa…

Il est vrai que la réception par l’organisateur était sarkozyenne (pour ne pas dire royale). En revanche, le public venu faire ses courses… disons qu’en toute légitimité et dans sa grande majorité il n’en avait rien à talquer. Et je le comprends. En face de moi, quatre jolies animatrices se décarcassent pour que le saucisson, la tomme et le vin de Savoie aient l’air aussi aguichants qu’une Loanna d’eau douce. En période de raclette, de tartiflette et de sports d’hiver, la concurrence est rude. Alors, du livre, hein ? Et de la SF en plus… Pfff !
Passons sur les passants qui passent, lèvent le nez sur moi comme un chien lèverait la patte et répondent à mon « Bonjour ! » aussi engageant que souriant par un regard de poisson mort. Ils ont des vies difficiles et ne comptent pas sur moi pour l’améliorer. Passons aussi sur les voisins, les connaissances, ces gens que je croise chaque jour à l’école de nos enfants, et qui détournent la tête dès qu’ils m’ont reconnus par peur d’avoir à sourire. Passons sur le refus le plus con (« je n’achète que des livres à couverture cartonnée, sinon ça ne va pas dans ma bibliothèque ») et arrêtons-nous sur le plus justifié (« Je pas parler la langue » d’un Écossais de passage, qui est quand même resté discuter un bon moment quand il s’est aperçu que moi je parlais sa langue, et a même incité sa fillette à serrer la main d’un « french writer »). Passons donc, pour parler des autres, les vrais bonheurs, les partagés.

Il y a eu ce jeune homme timide qui aime la SF et se trouve tout ému de voir un auteur en vrai, prend le livre avec dévotion, revient deux jours après juste pour me dire qu’il en est au chapitre 4 et que vraiment c’est super. Et cet ancien bibliothécaire qui passe vers 21 heures le vendredi soir dans le grand magasin vide et m’apporte un peu de sa chaleur. Et cet auteur qui n’ose même pas me dire son nom de manière intelligible (mais il dit avoir quand même publié Vitrail chez Acte Sud), caresse la couverture d’une paume révérencieuse, ouvre avec délectation pour commencer sa lecture dans sa bulle de bonheur au milieu des annonces commerciales et des chocs de caddies. Il y a eu Marie, bien sûr, qui préfère Ayerdhal mais tente Don Lo quand même (coucou Marie, et merci). Il y a eu les trois Sylvie d’affilée, la dernière refusant de croire que si, je viens bien de dédicacer Aria à deux autres Sylvie, juste avant. Il y a eu ces dames d’âge mûr qui me prennent en pitié et vienne m’acheter un livre pour leur fils, leur neveu, leur voisin, juste parce que j’ai l’air si seul à ma table. Incroyable, d’ailleurs, le nombre de dames d’âge mûr à qui j’ai vendu mon Aria, alors qu’à priori je les aurais bêtement classées hors cible. Les idées qu’on se fait… Comme ce couple dont la mise un peu négligée aurait rebuté de moins sagaces, et qui passe une demi-heure a discuter avec moi de Jack Vance, de John Irving, de Pierre Bordage et de tous les bonheurs qu’ils glanent au fil des pages. Eux et tous les autres qui m’ont surpris à s’intéresser au pauvre auteur jeté au milieu des Offres Spéciales, ils rattrapent haut la main ces quelques grandes bourgeoises bien mises qui ont eu l’élégance de m’utiliser comme paillasson de leur morgue.

Donc, merci. Merci à tous ceux qui se sont arrêtés, pour un mot ou un quart d’heure, à ceux qui ont tenté l’aventure d’Aria sur ma bonne mine ou sur la foi du résumé, à ceux qui ont refusé l’obstacle au dernier moment et je les comprends – les 17 euros d’Aria comptant parfois pour plus du quart de leur caddie, à ceux qui m’ont prévenu dès le début qu’ils n’achèteraient pas (et s’y sont tenus) mais qui ont bien voulu parler de tout et de rien parce qu’on était là, ensemble, c’est tout (hum). Et merci à l’hypermarché de m’avoir donné cette chance.

Voilà. Si maintenant un libraire me propose aussi de venir dédicacer dans sa boutique, croyez bien que j’accepterais tout pareil. Mais il ne faudra pas me reprocher d’être allé au paquet avant : j’ai aimé ça !

Au gai l’an mille !

Posted in Promo par Laurent Gidon sur 17 février, 2008
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Voici quelques semaines, voire un mois ou deux, la blogosphère littéraire s’était émue d’un échange entre un auteur et son éditeur. L’auteur, désespéré de ne plus avoir de contact avec l’éditeur qui présida à la naissance de son roman, lui avait écrit une belle lettre courriel chargée d’émotions et d’une pointe de déception. L’éditeur, en forme de réponse, s’était empressé de publier la lettre sur son blog. Puis la relance outrée de l’auteur, na ! Pas besoin de les citer, ceux qui ont suivi reconnaîtront. A part le côté cavalier du procédé de mise en ligne d’une correspondance privée, un détail de l’affaire m’avait titillé les rétines. L’auteur, au détour de sa déclaration d’amour déçu, se plaignait d’apprendre que son livre ne s’était vendu qu’à mille exemplaires.

Je ne sais pas. Mille, c’est peut-être beaucoup pour un premier roman. Une collection d’Arléa a même choisi le nom de « 1er Mille » pour bien caractériser ce type de coup d’essai. Donc, faut-il être déçu de « seulement mille » ? À titre personnel, j’aurais tendance à pousser quelques bouchons de Champagne hors de leur goulot lorsque Aria passera la barre des mille. Même si je ne l’apprends que longtemps après, parce que j’aurai eu la décence de ne pas harceler le Capitaine pour recevoir des chiffres de vente bi-hebdomadaires (pour les semaines à deux bosses). Le Champagne est patient, et le goulot efficacement rétenseur.

En revanche, ce que je sais, c’est que je ne vais pas laisser l’éditeur faire tout le boulot pour les atteindre, ces fatidiques mille ventes. Qu’on soit bien clair entre nous : écriveur et vendeur, ce n’est pas le même boulot. Déjà que écriveur n’est pas vraiment mon boulot, je ne vais pas en plus me ridiculiser en camelot du bouquin, arpentant les rayons au son du « Il est bon mon roman, il est frais et pas cher ! »

Encore que…
C’est dingue le nombre de francophones qui ne savent pas encore que Aria des Brumes c’est bon, mangez-en ! Alors, peut-être que je peux chatouiller le ridicule et faire un pas vers tous ces gens qui ne demandent qu’à lire cette histoire ariane et brumeuse, pour peu qu’on leur en donne envie. Peut-être…
Disons que rédiger ce blog fait une partie du job, mais qu’après, il faut aller au contact. Direct. Droit dans le lecteur, mano a mano.
J’ai essayé. Il y a encore un type à Annecy qui n’en revient pas. Il baguenaudait dans les travées de la librairie Decitre, rayon SF, Fantasy, fantastique. Il prend un bouquin SF, le repose. Un bouquin Fantasy… et le repose. J’étais en embuscade : je lui saute dessus et demande s’il « est plutôt SF ou Fantasy ? » Il s’interloque, comme de juste, de cette intrusion dans sa rêverie, et me répond que « ça dépend… pourquoi ? » Je lui fourre un Aria dans les mains et lui affirmant que « il doit lire ça, alors ! » Il me réitère son pourquoi et son interloquation. Je précise donc que c’est de la SF et de la bonne, que j’en sais quelque chose puisque je l’ai écrit, et que je peux même lui dédicacer, là, tout de suite, sur le champ !
Bon, je vous passe les ah ouais, les ça parle de quoi donc et les faut voir. Je ne l’ai pas lâché, et il est reparti vers la caisse avec son Aria dédicacé, et toc ! Plus que 999…
S’il passe ici et se reconnaît, qu’il sache deux choses :
– D’abord, je ne me savais pas capable d’un tel culot et je suis désolé que cette poussée de témérité lui soit tombée droit dessus,
– Ensuite, je le remercie de ne pas m’avoir giflé et d’être reparti gentiment avec mon livre. Donc merci.

Voilà. Je suis sûr que Le Navire en Pleine Ville a des méthodes plus rationnelles pour vendre des livres. Plus rationnelles et plus élégantes… Mais moi, je vais au contact.

Depuis, j’ai fait mieux (ou pire) : on m’a proposé une table de dédicace au rayon livre de mon hypermarché. Oui, oui, au milieu des saucissons et des opérations Savoie en fête, deux reblochons achetés le troisième offert ! Je suis fou, j’ai accepté. Inutile de vous dire que les libraires (ceux qui se considèrent comme de vrais libraires, respectables et pas en concurrence avec la charcutaille) me font la gueule. Sauf que je ne regrette pas : je suis allé au devant de gens qui ne lisent pas, ou en tout cas pas de SF, et qui pour la plupart n’iraient jamais pousser les portes d’une librairie (donc les libraires n’ont pas perdu une seule vente). Je n’ai pas vendu beaucoup, mais j’ai parlé, avec tout le monde, et surtout avec ceux qui n’en avaient rien à secouer de ce que j’écris. Et j’ai bien fait.
La prochaine fois, je vous raconte. Ça le vaut bien !

Et maintenant… ?

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 12 février, 2008
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Est-ce que le fait qu’un roman portant mon pseudo soit en librairie (j’en ai même vus qui l’achetaient) fait de moi un auteur ?
La vache de question…
Réponse 1 : mais, nom de Moi, qui s’en fout ?
Réponse 2 : et qu’est-ce que ça change ?
Réponse 3 : la poudre est-elle bien fraîche et pas trop soufflée en altitude ?

En dehors du fait que toutes ces réponses sont des questions, vous aurez noté une certaine désaffection autour du statut d’auteur. Parce que, un auteur, un auteur publié s’entend (sinon c’est un wannabe et ça fait rire tout le monde ha ha ha), qu’est-ce que ça fait, à part le singe qui s’agite pour vendre son bouquin dans les émissions de télé, de radio ou de ternet ?
Et moi-même, suis-je assez auteur pour me permettre d’y répondre ?
(c’est là que je mets la couverture de mon bouquin à moi, pour bien prouver que je suis auteur tellement publié un max, que ça se discute même pas)

Ouais, en gros, l’auteur publié, lorsqu’il ne vient pas vous parler de ce qu’il a publié (donc qu’il a écrit voilà au moins des mois, sinon des années, sinon c’est un autre qui l’a écrit mais c’est long pareil), qu’est-ce qu’il fait de sa vie ?
Il écrit peut-être autre chose… je dis ça, j’en sais rien.
Peut-être aussi qu’il se les roule peinard, puisque de toute façon, il a un chef d’œuvre qui va le faire croûter jusqu’à la fin de ses jours.
Ou alors, paniqué par l’ampleur du succès à venir tout autant que par les hauteurs que cette œuvre publiée atteint, il reste figé, les doigts de glace devant son clavier, devenu un pro de la crasse et de la tination. Il est bloqué, quoi…

À force d’empiler les hypothèses oiseuses, je m’éloigne du seul sujet qui, loin de vous intéresser totalement amis lecteurs, demeure celui que je maîtrise le mieux : moi-même (et encore, certaines parties de moi sont assez mal maîtrisées, mais j’y travaille).
Donc, que fis-je entre l’instant béni qui a vu la signature du contrat avec mon amour de Navire, et celui presque autant béni (oui, oui !) qui me surprend à vous tapoter ce billet ? Ben… j’ai écrit d’autres trucs.
Donc, la procrastination, ce n’est pas mon fort. Enfin, pas trop.

Par exemple, j’ai écrit la brochure d’une société qui le vaut bien et qui s’appelle Viatec, mais ça c’était pour croûter. Pareil pour les différentes plaquettes publicitaires d’une jolie station au nom en forme d’arc. Bien. Fait-ce de moi un auteur permanent ? Que nenni, beau sire, trouvez-nous austre chose !
Alors, voyons… j’ai écrit des nouvelles, voilà ! Et même certaines qui vont être publiées, tiens, Ha ! Qu’est-ce vous dites de ça ? Rien, vous attendez d’avoir lu, c’est normal. (Guettez le prochain webzine Trois Petits Points).
Bon, il vous faut du lourd, hein ? De l’auteur bien ancré dans son boulot d’auteur, juste pour voir si le Don Lo ne serait pas du genre feu follet de la paille ! OK, j’ai commencé un autre roman. Non, deux… en fait trois.

Voilà, c’est foutu. En quelques petits chiffres ridicules et trop vite jetés, je viens de renvoyer mon pseudo dans la longue liste des wannabes tordants.

L’auteur, le vrai, finit ce qu’il entreprend. Et vous ?
Bon, je vais bosser, là. A plus…

Les peluches ont remis ça !

Posted in Promo par Laurent Gidon sur 9 février, 2008
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Je ne les tiens plus, c’est l’horreur…

Mais en fait, je la trouve presque mieux que l’autre, plus fine, plus élégante, j’y vois un côté Bergman, tenez, avec une touche de Woody Allen (surtout dans le naturel des dialogues pourtant piquants et très écrits). En fait, je crois qu’après le succès planétaire d’Aria des Brumes (merci les gens, c’est grâce à vous) je vais me lancer dans le cinéma d’avant-garde commercial.

Après ça, faut pas se plaindre si les gens me prennent pour un brané et achètent Aria juste pour son côté décoratif.

Edit :

Sur les conseils de mon épouse (qui trouvait la version Bergman trop longue), voici un remix un peu plus Tarantino :

Alors, chérie… heureuse ?

Auto bluff

« Je suis le spectateur émerveillé de ce que j’écris.»

Ne cherchez pas l’auteur de cette maxime autopromotionnelle dans le who’s who des auteurs à la mode : ce n’est que de moi.
Et je ne veux même pas dire par là que je m’épate d’avoir tant de talent au clavier. C’est plutôt que j’observe avec un certain sens du merveilleux une histoire couler hors de moi, sans que je n’y puisse rien. C’est comme ça pis c’est tout.
Bon, on ne va pas en faire une dégoulinade non plus. Je suis un peu comme tous ceux qui tapotent des trucs sur un PC et voilà. Mais si j’en parle, c’est à cause d’un croisement qui s’est fait dans mes hémisphères entre un billet de Pibole sur son blog, et une question de Nath sur le mien.
Selon Pibole, qui citait Stephen King

Je place un groupe de personnages dans une situation plus ou moins désagréable et j’observe comment ils font pour en sortir. Mon job ne consiste pas à les aider, ou à les manipuler jusqu’à ce qu’ils soient en sécurité – ça c’est la bruyante méthode de l’intrigue au marteau-piqueur- mais de regarder ce qui se passe et de l’écrire.

Quant à Nath, elle voulait juste savoir comment on trouve un éditeur (en cherchant, tiens, c’te blague !). Et je ne sais pas ce qui m’a pris, mais je lui ai envoyé mes conseils à moi, tels quels, sans souci du ridicule. Lequel ridicule ne m’empêchera pas non plus de vous les répéter céans. Donc :

Des conseils pour être publié ? Facile, relire tout mon blog depuis le début… Non, je déconne.
Mes conseils ne valent que pas grand chose, mais bon :
Il faut d’abord être sûr d’avoir écrit quelque chose de bien. Ça n’a l’air de rien, mais c’est le premier conseil que je retiendrais, en tant qu’auteur. Pour être sûr, il faut faire lire, à des gens très différents, et bien voir si ça marche (le seul critère qui les réunit tous : ont-il eu envie de lire pour savoir la fin ?).
Ensuite, il faut retravailler, jusqu’à être vraiment sûr !

Voilà, je vous l’avais dit, ça vaut son pesant de ouistiti sous Exta. Parce que, être « sûr que ce qu’on a écrit est bien » c’est d’une prétention, mes aïeux !
Pourtant, gonfler la boîte aux lettres d’un éditeur avec un manuscrit dont on n’est pas sûr, c’est d’un… con ! Il vaut mieux le retravailler encore, avant de le confier à Dame la Poste, non ?
Alors, est-il possible d’être sûr de soi quand on n’est pas Stephen King ? Oui. Il suffit de savoir ce que l’on veut (pas ce que l’on vaut, hein ? veut !) et de faire ce qu’il faut pour y arriver.
Si vous voulez révolutionner la littérature, bon courage. La queue commence de ce côté-ci…
Si vous voulez frimer avec votre plume et avoir l’air d’un grand auteur, n’hésitez pas (en cas d’échec, vous aurez au moins l’air… d’autre chose).
Si vous voulez gagner des millions, vous n’avez pas besoin de mes conseils (ni même d’écrire d’ailleurs).
Si vous voulez écrire un truc agréable à lire, c’est plus facile (encore que…) et surtout plus simple à vérifier.
D’où mon conseil de base : faites-vous plaisir à écrire, et vous verrez bien si ça fait plaisir aux autres.  Sinon, retravaillez là où ça coince, vous finirez par y arriver.
Pfiou, je me sens mieux là. Pas émerveillé, mais mieux.
Ah oui, un détail : ne comptez pas faire plaisir à tout le monde. Il y a déjà quelqu’un qui a trouvé Aria des Brumes bavard et sans grande originalité. Bref, quelqu’un qui regrette peut-être de l’avoir lu. Tant pis.

Vos avis sur Aria (première)

Posted in Lecture par Laurent Gidon sur 1 février, 2008
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Il vient toujours un moment où on se demande «mais pourquoi donc est-ce que j’écris, moi ?» Ne niez pas, vous vous posez la question aussi.

Si je suis totalement honnête avec vous, je réponds « pour gagner ma vie ». Mais je sous-entends par-là que j’écris de la publicité et que je me fais payer pour, ce qui nous éloigne du sujet.
Si je suis encore plus que totalement honnête, je dis avec le rouge de la honte « pour faire le malin ». Mais là, je ne parle que de ce que j’écrivais au début, juste pour faire genre, histoire de montrer que écrire, je savais faire.

Et maintenant ?
Une seule réponse : j’écris pour faire plaisir à ceux qui liront. Et pas seulement mon épouse.
Pour un coming out, ça pose un peu, non ? Le gars, il écrit pour faire plaisir (se faire plaisir un peu aussi, mais surtout faire plaisir, oui). J’ai entendu à la radio un autre gars qui exprimait que « personne ne devrait avoir le droit d’écrire sans en ressentir le besoin absolu, vital (ou quelque chose du genre) ! » De son point de vue, il a raison : ça limite la concurrence.

Mais pour revenir au plaisir du lecteur, c’est ça, mon besoin vital à moi.
Et il n’est pleinement assouvi que lorsque le lecteur s’exprime. D’où le sujet du jour (on y arrive enfin) : les avis, les premiers avis, exprimés (et avec quel talent !) sur ce « roman de science-fiction que tout le monde peut lire, même ceux qui n’aiment pas la science-fiction »©, le bien nommé Aria des Brumes. En même temps, si je vous parlais d’un bouquin sur M. et Mme Sarkozy, vous auriez les sourcils soulevés par un doute tenace, pas vrai ?

Donc, le légendaire Marco qui hante régulièrement ce blog et y dépose des commentaires tous frappés au coin du bon sens, nourrit également un blog littéraire de haute tenue. Je vous le dis comme ça, parce que je suis très flatté qu’il ait pris le clavier pour nous entretenir de sa dernière lecture (Aria, vous suivez ?).
Je vous laisse voir, mais il y dit entre autres, que :

… l’auteur a décidé que son lecteur est intelligent – et ça, c’est une décision que le lecteur approuve volontiers. Pas de manichéisme, pas d’angélisme.

Et aussi que :

Le revers de la médaille: plusieurs chapitres sont consacrés à de longues conversations, où chacun expose ses vues. Certes ces bavardages sont assumés (« ainsi parle Shepher, sans rechigner au plaisir des phrases »)…

Ce qui prouve bien que, non content de savoir lire, il sait aussi exprimer une opinion impartiale. Merci Marco, te lire m’a fait du bien.

Vous connaissez aussi Frehelle, une bien belle auteure aussi ma foi, qui passe de temps en temps faire coucou. Elle a fait plus que cela en lisant Aria, et en postant son avis sur le forum A vos plumes. On y apprend que :

« Aria des brumes » est une jolie histoire. Ce qui n’a dans ma bouche rien de péjoratif, j’aime ce qui est joli. Je n’ai pas dit « gentillet ». Je ne suis pas sûre que ça soit une histoire universelle, un truc incontournable, ou je ne sais quoi dans ce genre là. Et là encore, c’est plutôt un compliment, chez moi. C’est une épopée à échelle humaine.

Voilà, c’est bien dit, non ? Et le petit blâme sans lequel il n’est de liberté de louer :

… je vous avoue que j’ai un regret, malgré tout. Si si, un. Un petit, et un seul, mais si je suis objective, je le dis : j’ai trouvé qu’il y avait à certains moments des décrochages étonnants de « rythme » dans l’évolution de Carl. Il lui faut du temps, et on le comprend, pour choisir. Pour décider d’accepter de redevenir un homme. Ensuite, tout va beaucoup plus vite.

Je le note : prendre plus de soin dans l’évolution psychologique des personnages. C’est précieux, merci Frehelle.

Sur le site de Khimaira, la superbe revue de l’imaginaire, on trouve également la critique de Sophie Dabat, que je cite :

Ce premier roman du jeune auteur Don Lorenjy est un très beau texte dont les nombreux thèmes de réflexion, centrés sur l’humanité, l’évolution, le développement personnel et le regard des autres, font écho à la critique de l’auteur sur une société inhumaine qui traite les hommes comme des machines, envisage le destin d’une planète en termes de rentabilité et détruit pour mieux posséder.

Ouf ! Que dire ? Rien… si : bravo pour avoir su trouver le sous-texte !

Bon, j’arrête dans la gloriole, ça va finir par dégouliner et tacher. Mais ce dont je suis le plus content, c’est que ces lecteurs n’ont pas caché leur plaisir, chacun différent, à la lecture de mon gentil roman. Et ça, c’est la vie comme je la veux. Yep !

(si j’osais, je demanderais à Dahlia ou Franswa P. de « Strictement Confidentiel » s’il leur faut un SP pour critiquer un jour Aria. Mais j’ose pas)


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