Comme ça s'écrit…


Foutez-nous la paix !

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 30 mars, 2010
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30 fois moins grand que le Texas, pour 30 fois plus d'emmerdes

Ce matin, j’écoute à la radio Igal Sarna parler de son livre (un peu) et de son pays (beaucoup). C’est un tout petit pays, qui selon un des chroniqueurs de France Culture est trente fois plus petit que le Texas. C’est un pays qui se construit un mur pour laisser ses problèmes se résoudre tout seuls derrière, un pays dont le chef de la diplomatie se demande s’il ne faudrait pas tout simplement envoyer l’armée tuer chacun des activistes ennemis bien planqués derrière ce mur, un pays dont Igal Sarna semble désespérer.

Je serais à sa place, j’aurais assez peu d’espoir aussi.
Mais Igal Sarna est un écrivain, il sait faire passer des idées et des sentiments.

Par exemple, il m’arrivaient de penser que les Israéliens exagéraient un peu en répondant à coup de chars et de missiles dès qu’une roquette franchissait leur mur.
Sarna, lui, parle de sa mère, pour qui Israël était le seul pays, la seule terre au monde, où elle pouvait se sentir à l’abri. Là, dans ce bout de désert dont il avait fallu chasser les habitants et leurs chèvres mais tant pis, elle pouvait enfin poser ses valises et être chez elle, de la même façon que nous somme chez nous. Et enfin, pour la première fois grâce à ces mots tout simples, je me suis senti à la place d’un Israélien. Je suis chez moi, à l’abri, je peux enfin dormir dans un lit sans me faire réveiller par la peur, je peux respirer au calme dans mon jardin et oublier les hordes qui m’ont couru après, ont tué ma mère, mon père, mon frère et voulaient me tuer aussi simplement parce que j’existais, je peux donc enfin exister sur un bout de monde sans qu’on veuille me faire disparaître (même si ce bout de monde a été acquis de façon discutable, je sais), et au milieu de cette petite béatitude de rien du tout à laquelle tant d’autres ont droit, on vient me jeter un pétard dans le jardin juste pour me rappeler que non, même là je ne peux pas exister et qu’on peut me le rappeler quand on veut.

C’est une phrase longue et un peu schématique, mais elle résume (rendez-vous compte, si j’avais développé) l’impression qui m’est tombée dessus. L’impression d’être un Palestinien, je la connaissais déjà, je l’éprouvais et elle se renforçait à chaque missile reçu à Gaza, à chaque olivier arraché en Cisjordanie… Mais se mettre à la place d’un Israélien, ça me semblait plus difficile et – bêtement, je l’admets – inutile : ils sont les méchants, les agresseurs, les forts, affaire réglée. Là, j’ai l’impression d’avoir un peu équilibré les choses en moi-même.

La seconde impression que je retire de cette écoute matinale, c’est que l’espoir est mort, là-bas, dans ce bout de désert trente fois plus petit que le Texas. Plus personne ne veut vraiment de solution, malgré les mots, l’inutilité des mots.
Sarna raconte comment, lorsqu’il parle avec des Palestiniens, il se sent comme un invité mal élevé parce qu’il leur dit que non, ça ne va pas s’arranger, en tout cas pas tout seul. L’espoir est tellement mort que c’est malpoli de le dire. On ne peut que chanter sa mémoire comme une incantation.
Sarna est lucide. Il dit que son pays est un pays high tech lancé dans une guerre tribale d’il y a 500 ans, un pays qui ne veut pas choisir entre iPode et high God. Sous la formule, il y a du vrai. Mais je ne limiterais pas à « son pays ». Sauf que le dire, ça ne suffit pas. Sarna est un des plus anciens militants de la paix, et j’ai le sentiment qu’il ne milite plus. Qu’il a décidé de leur foutre la paix, pour qu’ils puissent continuer la guerre jusqu’à disparition des combattants.

D’accord, lucidité, désenchantement, obsèques de l’espoir, tout ça… maintenant, foutez-nous aussi la paix ! Grandissez un peu, faites un geste, je ne sais pas, juste un sourire, et arrêtez de mettre la responsabilité sur le dos d’un autre. Ce n’est pas aux Etats-Unis ou à l’Europe de siffler la fin de la partie. Ce n’est pas l’Iran, ce n’est pas la Syrie ou l’Arabie Saoudite. Arrêtez d’attendre que l’espoir, non content d’être mort, soit froid et oublié. J’en ai un peu marre.

Et dans le cadre d’une opération « rendons le sourire à nos contemporains sans trop leur faire les poches » je me contente de rappeler que Blaguàparts ne coûte que 15 euros pour 16 nouvelles, ce qui fait 1 euros la nouvelle avec une nouvelle offerte.

Quelques grammes de blague dans un monde de merde

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Le bonheur, le respect

Posted in Lecture,Non classé par Laurent Gidon sur 24 mars, 2010
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Quand on s’amuse un peu à écrire, il devient difficile de lire sans regarder comment c’est écrit.
Sauf quand c’est suffisamment bien écrit pour qu’on ne s’occupe que de ce qui est écrit et pas du comment.
J’ai bien l’impression de réinventer l’eau tiède en deux phrases, mais c’est ce que je ressens en refermant Un pays à l’aube, de Dennis Lehane.

Lehane, je l’ai croisé par écran interposé avec Mystic River. Le film m’avait agacé, partagé entre l’impression de plonger dans quelque chose de très bien, très profond, très humain, et celle d’être maintenu en surface par des détails, des jeux d’acteurs (Sean Penn trop Sean Penn), des accrocs… Bref, rendez-vous manqué.

Un Pays à l’aube, je ne l’ai pas raté. Je viens de passer deux mois en compagnie de Danny, Luther, Nora, Thomas et les autres. Deux mois parce que le livre est long de 700 pages bien denses sans que j’aie eu envie d’en sauter une. Deux mois parce que j’ai pris mon temps pour que ça dure. Deux mois malgré les emballements qui me faisaient tourner les pages plus vite que le vent.
L’histoire couvre un an dans la vie de quelques hommes et femmes parmi des milliers, un an d’une ville sous pression, un an d’un pays qui se cherche dans la violence, la misère et l’espoir.
L’auteur ne fait pas vivre les personnages : il nous fait vivre avec eux. Pas question ici de prendre du recul, de considérer l’écriture, les effets, la longueur des phrases ou le nombre d’adjectifs. J’ai tout pris en frontal, j’ai vibré, râlé, étouffé, pleuré, eu envie de cogner (ce salaud de Curtis, si je l’attrape !), été effaré, j’ai espéré, voulu que ça s’arrange, enragé quand tout s’embourbait, j’ai reçu des coups, des balles et des liasses de billets, j’ai tout pris sans réfléchir, comme la vie.

Est-ce que c’était bien ? Comment savoir… c’était fort et nécessaire, je ne pouvais pas y échapper, comme la vie, je voulais que ça continue, comme la vie. Pas moyen de juger, tout est dans le ressenti, dans l’épreuve. Bien sûr, il y a un angle, un point de vue. On est aujourd’hui pour les sacrifiés, les syndicalistes, les grévistes, alors qu’à l’époque la presse et l’opinion se sont déchaînés contre eux, sales bolcheviks ! Mais l’approche de Lehane fait oublier jusqu’à sa présence d’auteur. On le vit et on y croit, sans recul.

Est-ce le bonheur de lire un bon livre ? Je ne sais pas, comment savoir… Mais le respect, oui ! Pour ces deux mois de vie partagés avec des hommes, des vrais, deux mois de vie en plus, en vrai.

D’autres en ont parlé, mieux que moi.

Comment voulez-vous ensuite vous démenez pour promoter des Blaguàparts ?
C’est simple, pourtant : chacun son rayon, la grande Histoire d’un côté, les histoires drôles de l’autre. Moi, je joue tzigane !

Faut le voir porté…

Posted in Promo par Laurent Gidon sur 22 mars, 2010
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Bref retour sur le Printemps du Livre de Glop-Glop-Noble (pas Grrrrrr). C’était bien. Vraiment. Plein de gens, dont trois qui, dès le samedi soir alors que je ne passais que pour dire bonjour, m’ont forcé à leur dédicacer des Djeeb et des Blaguàparts. Franchement, ça fait plaisir.

Vite fait sur les gens.
Fred, le libraire d’O’Merveilles : tellement accueillant qu’il accepte de me ramener à plus de 2 heures du mat et se perd cordialement dans les rues de banlieue en n’osant pas contredire mes indications déphasées (faut dire, une ville qui met un « Cours Jean Jaures » et une « Avenue Jean Jaures » en parallèle et à 2 km l’un de l’autre, pas besoin d’avoir abusé du Roucagnole pour se planter). Fred a même encaissé que je vide une bouteille sur son ordinateur sans m’allonger une mandale : Lino Ventura réincarné.

Delphine, la stagiaire qui a de l’avenir tellement elle est gentille souriante et efficace, avec aussi un bon coup de baguette pour partager mes sushis (Dlephine, t’es une croquine !)

L’équipe d’Elbakin, avec la jolie Juliette, le gentil Guillaume et le très cultivé jeune homme de Thonon dont j’ai oublié le prénom. Remarquables, tous, par la qualité des questions qu’ils ont posées à Beauverger (guetter l’interview bientôt en ligne) et la patience qu’ils ont déployée lors de ma lecture bafouillante et pavarottesque de Rien en rien (Blaguàpart sur… rien).

Gilles Goullet, traducteur entre autres de Wilson, qui porte l’élégance sur toute sa personne.

Jean-Philippe Jaworski, tellement classe avec un naturel confondant qu’on lui donnerait le premier premier prix qui passe parce qu’il le mérite. Lisez Gagner la Guerre, c’est bien.

Stéphane Beauverger, tout simplement le meilleur camarade de salon que j’aie pu côtoyer et qui a eu l’élégance de supporter mes facéties toute une soirée suivie de toute une journée. La pire : pour équilibrer son bandeau « Grand Prix de l’Imaginaire », j’avais assorti Blaguàparts d’un panneau « Petit Prix de l’Imaginaire – 15€ ». J’ose tout, vous me reconnaissez ?

Les faits maintenant.
La couverture de Blaguàparts passe très bien le test du grand public. Elle arrête le regard, attire les mains curieuses, aide à ouvrir les négociations. Une réussite, merci Zariel.

La quatrième est un pur bonheur : voir les lecteurs se marrer en retournant le livre, ça met du soleil sous la chapiteau. Merci Karim.

Le titre pose un léger problème : certains visiteurs s’attendent à un recueil de blagues. Mes gesticulations glapissantes les ancrent dans cette croyance que j’ai du mal à décrotter ensuite.

Le prix à 15 € est parfait. Sans emporter la décision (c’est quand même un livre, pas une livre de patates) il aide certains hésitants à sauter le pas. Merci Griffe d’Encre, bon pricing.

Les autres titres tiennent bien la route, avec une prime à Aria des Brumes, qui continue d’intéresser et part très bien dans les sacoches avides de parents qui disent l’acheter pour leurs ados tout en avouant compter le lire aussi.

Question subsidiaire : autour de 20 livres dédicacés, beaucoup de discussions plaisir avec des visiteurs pas acheteurs et un gros coup de cœur pour cette organisatrice qui a su m’émouvoir par son émotion (on est très émotifs par chez nous).

Voilà, c’est tout, à l’année prochaine, et merci au resto Fleur de Sel pour la qualité de sa carte, de ses vins, et de ses serveuses déguisées pour l’occasion (soirée SF) en Schtroumpfs verts avec oreilles de Spok ourlées de diamants et robes lamée façon diva du 5ème Élément. Glop glop !

Ah oui, merci aussi aux votants d’avoir voté (à peu près) comme il fallait. Désolé, M. le Premier Ministre, même pas peur !

15 € : (tout) petit prix de l'imaginaire !

Lettre à François Fillon

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 19 mars, 2010
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Monsieur le Premier Ministre,

Souffrez que je vous apostrophe, l’heure n’est plus au silence. Désolé si cette lettre vous offusque dans certains de ses termes ; je n’ai pas l’habitude de m’adresser à des hommes tels que vous. Question de niveau. Mais il faut bien s’y mettre.

Pourquoi ? Parce qu’il me semble que les mots ont encore un sens, et je vous fais l’honneur de penser que vous le savez. C’est donc sciemment que vous avez dit, lors d’un meeting de soutien à un candidat régional :
« L’insécurité est un combat permanent. C’est un combat sur lequel personne ne peut faire de triomphalisme, parce que la violence se réinvente en permanence« .

Désolé de vous l’exprimer aussi directement, mais vous manquez de conscience morale. Ou alors, auriez-vous en tête d’attiser la peur de nos compatriotes en espérant récupérer leur voix ? Ce serait mal, vous le savez, aussi mal que de déclarer une guerre au seul but de garder le pouvoir.
Agiter un ennemi à combattre est le plus sûr moyen d’avoir un jour à s’incliner devant lui. Reconnaître la source d’une nuisance, pour la réintégrer dans l’harmonie qu’elle trouble, est une toute autre démarche. Vous le dites littéralement, on ne triomphe pas de la violence. Pas en la combattant. Un maître d’aïkido vous dirait « on ne peut que la détourner pour ramener l’agresseur à la paix ». Mais l’écouteriez-vous ?

L’insécurité a ceci de paradoxal qu’elle progresse à mesure qu’on la combat. Vous le savez aussi, bien sûr. Ce sentiment d’insécurité naît autant, voir plus, des efforts déployés pour rétablir un idéal de sécurité, que des violences effectivement perpétrées.
Ce n’est pas la violence qui se réinvente en permanence. C’est l’instrumentalisation que vous en faites et l’inconscience des politiques qui ont troqué valeurs et idées contre un chiffon rouge. Vous persistez à l’agiter sous les yeux d’un peuple que vous méprisez souverainement. On a la souveraineté qu’on peut.

Maintenant, sans être sondeur, je suis convaincu que le sentiment d’insécurité sur lequel vous fondez toute (TOUTE !) votre politique – que ce soit pour réduire les libertés ou asservir des salariés délibérément mis en danger – cette peur que vous comptez bien nous voir éprouver au quotidien et guider nos votes, cette peur nous ne l’éprouvons pas. Pas tous.
Je sais quelle poids la délinquance et la criminalité font peser sur la société. Sans angélisme. J’entends comme vous les cris des victimes et le rire des truands.
Mais je sais aussi que l’attitude de ceux – plus nombreux que vous semblez le croire – qui s’engagent au quotidien pour l’apaisement, aura toujours plus de réalité que vos discours alarmistes.

Cette anxiété, que vous espérez raviver chez le plus grand nombre, est le dernier carburant de votre pouvoir perdu. Vos gesticulations le montrent, beaucoup plus angoissantes finalement que la délinquance elle-même Reprenez-vous, certains comptent encore sur vous. Et d’autres nous regardent, de loin.
Vos appels à la peur résonnent dans le vide. Quelques esprits en désarrois s’y vautrent encore, mais plus assez nombreux pour pérenniser votre mainmise sur la société.
Vous avez échoué. Vous ne nous avez pas divisés. Vous n’avez pas réinventé la sociologie de la panique en criant à la réinvention de la violence. Vous avez juste dévoilé votre propre  peur de perdre ce pouvoir que certains vous ont accordé, par lassitude.

Monsieur le Premier Ministre, vous êtes le chef du gouvernement des Français. Vous nous devez un peu plus de vision et d’assurance. Vos mots se veulent forts, mais ils sont petits. Ils ne kidnapperont pas les consciences : vous visez trop bas.

Acceptez tout le respect que je dois à votre fonction, ainsi que l’espoir largement partagé d’un retour en dignité.

Laurent Gidon

"Si tu vaincs un ennemi, il sera toujours ton ennemi. Si tu convaincs un ennemi, il deviendra ton ami." Ueshiba Morihei

Oups… j’ai encore remis ça

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 17 mars, 2010
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On va finir par croire que je refais le coup de la lettre ouverte aux journalistes dès qu’un de mes livres sort. Mais non, là c’est le hasard. Et même si, ça ne ferait pas beaucoup de courrier, finalement.

Cette fois-ci, j’ai réagi à un long article de Michel Abescat dans Télérama. Quatre pages à la gloire de la littérature policière, qui aurait réussi, comme ça, toute seule, parce qu’elle le vaut bien, à se légitimer auprès des têtes pensantes et autorités de la culture française, ainsi qu’à toucher le grand public qui n’aurait plus honte de lire son polar sans le cacher sous une couverture de Philippe Sollers.

On va passer sur le titre (Le crime paye enfin !) pour survoler les différents points développés par Michel.
En gros, le polar aurait conquis sa légitimité en s’améliorant grâce à des auteurs de talent, en s’ancrant dans les craintes ou attentes de l’époque, et en offrant des voies d’évasion ou de catharsis à des lecteurs lassés de leur quotidien.
Et les journaleux ont marché, ouvrant leurs colonnes à ces auteurs tous forcément super (Michel cite à la fois Ellroy et Dan Brown, il a dû se tromper de Dan…) pour bien dire au public cherchant à se rassurer sur la qualité de ses petits plaisirs solitaires qu’il n’y a pas de mal à lire une bonne Série Noire de temps en temps, puisque c’est de la littérature, mon bon.
Rien de grave, c’est du marronnier de journaliste, comme de nous parler du « renouveau de la série américaine » ou des moyens de se glisser les bourrelets dans le bikini à l’approche de l’été.

Mais quand même, je me suis dis : « Et pourquoi qu’il ne légitimise que le polar, le copain Michel ? » Hein ? Pourquoi n’irait-il pas un peu plus loin et accorder le statut de littérature à d’autre mauvais genre. Alors je le lui ai dit. En lui envoyant cette lettre :

Cher Michel,

Me permettez-vous de vous appeler Michel ? La lecture de votre magazine depuis plus de 30 ans me pousse à cette familiarité. Cher Michel, donc, souffrez que je vous interpelle suite à votre article sur la légitimation du Polar. Il est parfait, enthousiasmant… et j’aurais tant aimé vous voir écrire les mêmes lignes, exactement les mêmes, sur un sujet autre, à la fois si proche et si loin. En effet, toutes vos constatations et justifications sur l’historique de la perception du genre pourraient être transposées aux littératures de l’imaginaire. Toutes, sauf une : les littératures de l’imaginaire ne font pas partie de la culture légitime.

Mais, je sens l’interloquitude vous tenailler… littératures de l’imaginaire ? Toute littérature ne fait-elle pas appel à l’imagination, sinon celle de l’auteur, au moins celle du lecteur ? Ah, oui, mais non : je ne parle ici que des mauvais genres que sont restés la science-fiction, le fantastique et la fantasy, puisque le polar est, lui, devenu légitime avec votre aide. Ces autres mauvais genres, vous persistez à ne pas en parler. Ou alors pour analyser (vous gausser ?) de phénomènes tels Werber ou Stephenie Meyer. Pourtant, leur succès ne vous a pas attendu. Regardez vos chiffres : quand 1 livre vendu sur 4 est un polar, un autre est un livre d’imaginaire. Et rarement du meilleur. Parce que vous n’intervenez pas.

En juin dernier, j’avais écrit une lettre ouverte à Nathalie Crom ainsi qu’à d’autres faiseurs d’opinions littéraires, les suppliant de remplir leur mission critique pour ne pas laisser les lecteurs d’imaginaire livrés aux seules lois du marché et du succès reproductible. Hélas, cette lettre, peut-être pas si ouverte, n’a reçu aucune réponse.
Pourquoi un tel silence ? Avez-vous peur de vous salir en ouvrant des livres de SF ? Craignez-vous le retour d’acné ? Pourtant, vous avez lu La Route de McCarthy, et comme tout le monde vous en pensez du bien, sans admettre que vous avez apprécié un livre de SF. Ou alors, vous avez peur de perdre votre temps avec ces romans pour adolescents boutonneux ?
C’est vrai, il y en a. Mais il y a aussi de pures merveilles qui, à l’inverse du polar, n’ont pas besoin de sang et de violence pour donner envie d’avenir au lieu de faire désespérer du présent. Certes, il faut savoir les repérer dans toute cette production (plus de 30 titres par mois)…
Mais, j’y pense : il vous manque peut-être une revue ou un magazine qui ferait le tri, chercherait ce qui mérite d’être lu, analyserait l’insertion d’une œuvre dans son genre ou son caractère novateur… qui ferait en gros ce que vous ne vous abaissez pas à faire, alors que vous le devriez à vos lecteurs.

Tenez, je vais vous aider à commencer. Offrez-vous Gagner la Guerre de Jean-Philippe Jaworski, Le Déchronologue de Stéphane Beauverger, Velum de Hal Duncan (tiens, il n’est pas Français, mais Écossais), ou mieux : cherchez-les dans les piles de SP reçus au journal.
Faites juste attention à une chose : ces livres racontent des histoires, ne sont pas nombrilistes, sont écrits par de véritables artistes de la langue, parlent du présent autant que du passé et du futur, et risquent de vous plaire. Ensuite, je suis sûr que vous aurez envie de partager ce plaisir avec vos lecteurs, pour les aider à sortir des produits Levy/Brown/Werber/Meyer/Musso/Chattam. Ils n’attendent que vous pour aller voir plus loin que les têtes de gondole.

Ceci dit en toute amitié, bien sûr. Nous ne nous connaissons pas, mais je soupçonne en vous le journaliste intègre, comme dans votre équipe. Continuez de donner envie à vos lecteurs, mais donnez-leur envie de tout. Même s’il vous faut pour cela légitimer des gugus comme Pierre Pelot ou Iain M. Banks.
Quant à moi, je continuerai de vous lire chaque semaine, en attendant avec émotion de voir un jour la critique d’un roman sf, fantastique, ou fantasy.

Bien à vous,

Don Lo soi-même

Voilà. C’était dit sans acrimonie aucune, d’abord parce que je ne suis pas sûr de savoir ce qu’acrimonie veut dire.

Le croirez-vous, amis des landes imaginaires et des espaces étoilés ? Michel Abescat ne m’a pas répondu. Et n’a pas ajouté une rubrique SFFF aux pages littératures de Télérama.

J’hésite à lui envoyer un exemplaire des Blaguàparts : une légitimation surprise ne risque-t-elle pas de vous en détourner ?

16 blagues définitivement illégitimes quoique reconnues par leur papa

Brèves de salon

Posted in Non classé,Promo par Laurent Gidon sur 15 mars, 2010
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Retour sur un week-end de beau temps.
Le salon du livre de Champagne au Mont d’Or est très bien organisé, puisqu’ils se sont même mis la météo dans la poche : grand beau, pas un nuage et à peine un souffle d’air déjà printanier. Le plan fourni pour m’y rendre me faisait passer par une rue en sens interdit, mais c’est un détail. Le cocktail d’accueil est somptueux, la salle des auteurs petite mais chaleureuse, les chaises confortables et le café offert.
Le libraire exige que les livres soient achetés avant d’être dédicacés. Objectif simplicité d’organisation. Ce qui obligera le public à d’abord rencontrer les auteurs, les écouter pendant qu’ils s’échinent à lui donner envie s’il en a la patience, puis faire la queue à la caisse pour payer le livre et enfin revenir voir l’auteur pour s’y faire dédicacer son achat, s’il en a le courage dans la bousculade. Heureusement, l’affluence anémique ne freine pas les enthousiasmes. Une seule dame m’a dit vouloir acheter Djeeb le Chanceur, mais a renoncé devant la complexité du parcours. Les autres… ne sont pas venus. On ne va pas, encore une fois, accuser le beau temps qui n’y est pour rien si les Lyonnais préfèrent aller courir la campagne sous ce premier jour de soleil.

Cela laisse du temps à l’auteur pour faire un tour des curiosités locales. Vous qui n’êtes pas venus non plus, voici ce que vous auriez pu voir.

La blindée

La blindée. Elle en est probablement à son soixante-quinzième salon local et sait que ceux qui s’arrêteront devant elle ne sont pas là pour acheter mais pour regarder une bête curieuse. Blindée !

Les jeunes qui n'en veulent

Les jeunes qui n’en veulent. Ils sont ravis d’être là, peinent à le cacher (il faut avoir l’air sérieux, voire blindé, pour gagner en légitimité), mais ne tiennent pas la distance : le manque d’intérêt du public les éteint bien vite.

Le pensif

Le pensif. Il hésite encore à se positionner « qui n’en veut » ou « blindé ». Je ne sais pas encore vers quelle attitude ses réflexions vont l’orienter. Le public ne va pas l’aider.

Le vieux de la vieille

Le vieux de la vieille. Ancienne gloire locale, tous ceux qui ont déjà épuisé plus d’une carte Vermeil le connaissent et échangent des souvenirs… qu’ils retrouveront dans son livre autobiographique citant abondamment De Gaulle.

Le jeune loup

Le jeune loup. Il a écrit un livre qui a été remarqué par la municipalité, qui l’a défendu au niveau régional et lui a ouvert les portes d’un prix littéraire au titre ronflant inversement proportionnel à sa renommée hors les murs. Il a reçu un chèque et en annonce négligemment le montant à tous ceux qui passent le féliciter. Il est arrivé.

Le solitaire

Le solitaire. Tout le monde est au cocktail, pas lui. Pourquoi ? Ça le regarde, mais il va passer tout le salon à lire un gros livre avec le doigt de la concentration rivé sur les lèvres.

La voyageuse

La voyageuse. Ses beaux livres pleins de grandes photos racontent ses voyages. Le public adore les feuilleter… et surtout lui raconter leurs propres souvenirs de voyage. Achèteront-ils ? Ce n’est pas la question.

Le dessinateur

Le dessinateur. Son talent est visible, il attire, et à juste titre. Chacun repart avec une petite œuvre express, souvenir du salon. Il fait le plein, ainsi que le désespoir de ses voisins qui comptaient sur l’affluence générée, alors que non, personne ne va s’intéresser à eux, le public préfère les dessins.

L'éditeur

L’éditeur. Il est venu en voisin, vous le reconnaissez peut-être, et comme il est aussi auteur il parle de ses livres avec talent et passion… à des gens qui s’en foutent parce qu’ils ne l’ont pas vu à la télé.

L'absent

L’absent. Il travaille sans doute à Météo-France et savait qu’il n’y aurait personne par ce soleil. Malin mais un brin égoïste, il n’a pas prévenu les autres…

Et moi dans tout ça ? Pas l’observateur cynique qui ricane dans son coin, non, non : plutôt l’électron en liberté surveillée qui s’interroge avec tendresse sur les motivations de tous ses collègues d’un jour. Pourquoi sont-ils là ? Pour le public, bien sûr. Qui s’en fout. Il fait beau, il n’est pas venu.
Rassurez-vous si vous les avez manqués, ces auteurs si bien intentionnés : ils sont de tous les salons, chaque week-end, et vous les croiserez forcément. Offrez-leur un peu de votre attention, ils le méritent.

Merci à Marie Brard et à la médiathèque, je me suis bien amusé. Samedi prochain, direction le Printemps du Livre de Grenoble, chez Fred, de la sublime librairie O’Merveilles.
Vous y découvrirez en vraie avant-première ce recueil qui… et que.

Samedi 20 en fin d'après-midi et dimanche 21, chez O'Merveilles à Grenoble !

Ce qu’on fait, ce qu’on dit

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 13 mars, 2010
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Aujourd’hui, je suis sur le salon de Champagne au Mont d’Or, près de Lyon.

Demain, j’y retourne, mais avant je passe dans l’isoloir pour donner de la voix.

Quel rapport entre les deux ? Peut-être aucun, sauf si on essaie un peu de faire ce qu’on dit. Aller vers les gens, se foutre à poil, leur dire « achetez mon livre, sinon pour lui au moins pour moi » c’est un peu faire de la politique très très locale. En espérant avoir ajouté un peu de bonheur ou de plaisir à quelques vies.

Pensez-y en allant voter. Faites-le pour vous, et aussi pour les autres. Par exemple, votez utile.
C’est bête comme mot, mais si j’avais un conseil, ce serait celui-ci : cherchez les porteur d’idées utiles au plus grand nombre (genre l’environnement que tout le monde respire, plus que l’économie dont certains profitent alors que d’autres la subissent), et votez pour eux, même si ce sont des pourris, des guignols ou des menteurs, même s’ils n’ont aucune chance d’être élus.
Surtout s’ils n’ont aucune chance d’être élus : faudrait pas mettre des guignols, des menteurs ou des pourris à nous gouverner, quand même ! En revanche, plus leurs idées utiles vont scorer, plus les autres, qui vont être élus, devront en tenir compte.

Voilà, votez pour des idées, pas pour des personnes : les idées restent, elles ne mentent pas, elles ne pourrissent pas, même si elles sont – temporairement – mal endossées.

Et si vous voulez le savoir, je voterai pour des écolos (je ne sais pas encore lesquels) parce que ma voix ne pèsera en rien pour faire élire, mais aidera à ancrer ces idées, même chez ceux qui ne les utiliseront qu’en costume vert temporaire.

Et si vous passez au salon de Champagne, vous trouverez quelques exemplaires en avant-première de ceci :

Tentant, non ?
Mais c’est dingue comme on devient donneur de leçon dès qu’on croit en quelque chose.

And the winneuse is…

Posted in Blaguàparts,Promo par Laurent Gidon sur 10 mars, 2010
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Blaguàpaaaaaarts, les résultats !

Youkaïdi, amis du beau verbe et de la littérature enchantée, youkaïda, joueurs compulsifs en pré-désintox, voilà ça y est, le tout petit grand jeu pour gagner son Blaguàparts est clos. We have a winneuse, nous avons une gagnante !

C’EST QUI ? C’EST QUI ???

Attendez, quand même, un peu de décorum… et quelques explications.
La bonne réponse était A3 – B2 – C1/5 – D6 – E1/5 – F4.
A3 parce que, effectivement, la petite bio en fin de volume a été écrite par l’auteur.
B2 parce que Alien Vs. Gladiator raconte bien les avanies (et framboises) d’un travelo de la porte d’Auteuil abducté par des extra-terrestres.
C1 ou 5, parce que De rien en rien se révèle être une variation sur une première phrase d’une rare inanité : « Jean-Pierre voyait enfin la lumière au bout du tunnel ». Texte qui m’est venu à l’esprit en lisant un critique d’une rare inanité qui s’était donné pour mission de rendre compte d’une anthologie à partir des seules premières phrases de chaque nouvelle.
D6 car Blaster Pride se veut une loufoquerie lâchée en plein hyper-espace avec suspension d’incrédulité maximale (parce que, même dans 5000 ans, on ne fera pas de vaisseaux spatiaux gaulés comme une explosion de mercure dans une friteuse).
E5 ou 1 parce que rien.
F4 puisqu’il n’y a plus d’autre choix (mais Et puis Bang ! reste un de mes textes préférés et j’espère qu’un jour mes enfants aimeront). Voilà, merci de votre attention, à vous les studios…

AH NON ! C’EST QUI ? C’EST QUI ???

Oups, désolé Lys Tigré. Donc, la gagnante est Tiger Lilly, une super lectrice dont je vous invite à aller piller le blog pour y trouver de quoi vous réjouir.
Bravo Lilly, et un big up ! à tous les participants parce que vous le valez bien.

Et tenez, tant que j’y suis il y a eu un autre gagnant hier : moi-même.
Le ministère de la culture et de la communication m’a écrit pour me dire que ma demande de bourse pour un projet littéraire était acceptée. Voilà, je vais recevoir des sous pour écrire, avant même d’avoir écrit.
Il ne me reste plus qu’à achever ce roman de littérature générale en cours, et tant pis pour l’infidélité à notre imaginaire chéri.

Aujourd’hui, la souscription pour les Blaguàparts est ouverte : allez-y, il n’y en a que 100, c’est par là !

Maintenant, à vous de faire !

Un peu de tendresse

Posted in Blaguàparts par Laurent Gidon sur 8 mars, 2010
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Le jeu pour gagner les Blaguàparts continue là-dessous, et les extraits vous donnent peut-être une idée de la tonalité générale. Pour vous, c’est nouveau, mais en ce qui me concerne c’est déjà assez ancien. Pour la plupart, les textes ont été écrits il y a au moins cinq, voire dix ans. Ils sont grands maintenant et peuvent se passer de moi.

Sans savoir comment réagissent les autres écrivants, je me doute qu’ils ne laissent pas partir un de leurs écrits vers l’imprimerie sans un peu d’émotion. Moi non plus.
Un roman, c’est un bébé qui s’en va vivre tout seul. Un recueil, c’est toute une portée (on n’a pas réussi à noyer les petits). Ne vous laissez pas avoir par l’humour à 2 balles : l’émotion ne se dilue pas en 16 textes, elle se multiplie. Chaque nouvelle a son histoire, son parcours. Et ça remonte à loin, déjà. Tenez, je vais essayer de les retrouver dans l’ordre des naissances.

La Dernière marche clôt le recueil, et c’est pourtant celle qui est née la première. Si je me souviens bien, l’idée m’est venue dans une soirée de lycéens où on dansait sur Joan Jett (I loooove rock’n roll). Et puis j’ai oublié, en grandissant. Lorsque l’envie m’a pris d’écrire pour me faire plaisir, cette histoire est remontée. Une première version se prenait au sérieux. La seconde, remoulinée il y a quatre ans, dégommait tout le pompeux, ou l’accentuait jusqu’au ridicule. Et j’ai bien rigolé en inventant les noms des personnages.

Pareil pour Star Trash, probablement un des premiers textes que j’ai écrits, (avec Rencontre du troisième Trip).  Un mélange de Pulp et de thématique SF âge d’or. Juste l’envie de raconter une histoire sans m’occuper de savoir si c’était original ou pas. Quasiment rien n’en a bougé jusqu’aux corrections de Karim. Les problèmes de concordance des temps, ça demande une précision d’orfèvre.

Ensuite il y a eu Ne le dites pas aux enfants, que j’aurais voulu appeler Alertez les bébés parce que c’est très bien, mais j’ai eu peur que ce soit trop bien justement. Ce texte n’est pas gai et date du temps où je n’étais pas encore papa. Quand les ‘tchounes débarquent en vrai, ça emporte tous les doutes, c’est pour ça qu’on leur met des couches.

Après, j’ai un doute, mais je crois que c’est Suzanne on line, pour l’AT Ouvre-Toi ! de CeZaMe devenu Griffe d’Encre. Sorti d’un jet, avec une chute initiale très différente. Ma douce m’ayant fait remarquer que c’était nul de finir comme ça, j’ai remanié et elle avait raison. Première publication rémunérée : j’ai hésité à encadrer le chèque, mais je l’ai dépensé pour acheter des chaussures à mon second fils.

Ensuite, c’est forcément Et puis Bang ! parce que je l’avais écrit pour le même AT. On y trouve ma conception de la naissance de l’univers, et ceux qui pensent que j’ai tort seront bien embêtés pour le prouver. En relisant récemment, je me suis demandé pourquoi je n’appliquais pas toutes ces belles idées au quotidien dans mon boulot de papa. En fait, on essaie. On échoue, on se trompe, l’essentiel étant peut-être de ne pas répéter trop longtemps ou trop souvent la même faute. Parents, si vous me lisez : changez d’erreurs aussi souvent que possible, pour qu’aucune ne laisse une empreinte trop profonde.

Blaster Pride a connu une première vie avec les honneurs sur un site songeur et crépusculaire qui m’est cher. Je me suis amusé à reprendre la trame du prologue de mon premier roman (Aria des Brumes) en la touillant à la sauce vinaigre. Personne n’a rien vu. Karim m’a dit que c’était correct jusqu’à la chute. Il avait raison, j’ai refait toute la fin et c’est mieux, j’espère.

Comme ce commando de zozos me plaisait, je l’ai gardé pour écrire plusieurs histoires, de plus en plus graves, en donnant chaque fois la parole à un autre des personnages. C’est donc bien une seule Blaguàpart, mais découpée en quatre chapitres qui donnent un fil rouge au recueil. Une cinquième histoire est restée dans ma caboche. Elle n’en sortira peut-être plus.

Ensuite il y a eu… mais est-ce bien intéressant tout ça ?
La nostalgie n’est plus ce qu’elle était, c’est bien connu, et ce qui compte maintenant c’est l’émotion du lecteur. Si vous en éprouvez, même juste au niveau des zygomatiques (c’est très émotif, le zygo, mais pourtant pas facile à émouvoir) il faudra passer me le dire. Les sentiments disparaissent avec chacun, s’ils ne sont pas partagés.

Mes 16 bébés sur les rotatives

Jouons un peu (sans blague !)

Posted in Promo par Laurent Gidon sur 5 mars, 2010
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Edit : le jeu sera ouvert jusqu’à mercredi prochain inclus (jour où, hasard, les premières pages de chaque Blaguàpart seront en ligne sur le site Griffe d’Encre).

Proclamation des résultats jeudi 11 mars.
S’il n’y a pas de gagnant, celui qui se sera approché le plus près de la solution recevra son Blaguàparts !

Amis du jour, bonjour !
— BONJOUR !
Ah, je vois que vous êtes nombreux à vouloir jouer et gagner à… à… à ?
— BLAGUAPAAAAAARTS !
C’est tout à fait cela, merci pour votre enthousiasme, ça fait chaud partout, même là, oui, là, tout au bout… Bon.
Donc, aujourd’hui, nous jouons à « Qui veut gagner son exemplaire dédicacé de Blaguàparts, le recueil qui… et que. »

Je vous rappelle le principe : vous allez découvrir ci-dessous six (6) extraits de textes tirés des Blaguàparts, le recueil qui… et que.
Lisez-les, décortiquez-les, analysez-les, exégèsez-les… jusqu’à être sûr de savoir à quelle nouvelle chaque extrait appartient. Facile, non ?
Voilà, jouez bien, merci et à vous les studios !

Edit : vous avez manifestement un problème pour comprendre les règles. Je déplace donc les titres en dessous des extraits. Lisez, et après choisissez. Ce sera plus facile, vous verrez.


Extrait 1 :

D’autre part, les parents de Jean-Pierre ont pu choisir
son prénom plusieurs années avant sa naissance.
« Chérie, Poussin, Mamour… laisse-moi te toucher là,
et plus tard je te promets de t’épouser. Même que si notre
premier enfant est une fille, on l’appellera Saphronicia.
— Et si c’est un garçon ?
— Heu… ben, Jean-Pierre ?
— Ôte tes mains de là tout de suite ! »
Certes, ce n’est pas gagné.

Extrait 2 :

La vie, c’est ce qu’on en fait ; alors autant la plier à ses
désirs. Que rares soient ceux qui y trouvent le bonheur,
voilà une autre affaire ! C’est ce que pense Arturo
Stronzoli en soupesant sa paire de seins toute neuve et toute
grosse. Ce double airbag optionnel lui tire la peau et froisse
les pectoraux. À classer dans les déformations professionnelles.
Attention : si Arturo s’en est fait poser une telle paire, ce
n’est pas pour jouer la femme à barbe dans la section Monstres
de la Foire du Trône. Son manège à lui tourne plutôt autour
de la Porte d’Auteuil, à suçoter du sucre d’orge entre l’heure
où la nuit tombe et celle où elle se relève.

Extrait 3 :

Quand Don Lorenjy a envie de rigoler un peu, au lieu de se
taper sur les doigts jusqu’à ce que ça passe, il écrit une nouvelle.
À force de ne pas vouloir se taper sur les doigts, il s’est retrouvé
avec de quoi faire un recueil entier… que Karim Berrouka a
bien voulu l’aider à retravailler, par respect pour ses phalanges.

Extrait 4 :

— Désolé, mais ton arithmétique a un défaut. Elle oublie que
les promesses ne sont que très rarement tenues. Crois-moi !
S’il fallait décider qui de nous deux serait gardé, es-tu
sûr que ce serait toi ? Le petit bagarreur qui ne sait rien faire
de bien, ou l’esprit serein et sage, comme moi, quelqu’un
sur qui compter ? Ne t’affole pas, mais quand on crie « Les
enfants d’abord ! » c’est surtout pour tester la sécurité du
moyen de fuite, pas pour les sauver en premier.

Extrait 5 :

Il faut comprendre le lecteur qui rentre de sa dure journée de travail (ou pire, qui s’y rend) dans des transports en commun bondés, ratissé par le stress et les remarques désobligeantes de ses supérieurs, éreinté par les efforts consentis pour maintenir l’image qu’il se fait de lui-même auprès des autres, ses collègues, ses contemporains de tous poils ; ce lecteur-là ou un autre, un autre, tentant de se concentrer sur ce qu’il lit alors qu’une flopée d’enfants querelleurs – forcément génétiquement modifiés, ce ne peut être ses gènes à lui qui s’expriment dans un tel tintamarre – dansent autour du canapé comme une tribu d’Arapahos sur le sentier de la guerre ; ce lecteur qui cherche un moment de détente et d’évasion, le voilà qui tombe sur Jean-Pierre voyait enfin la lumière au bout du tunnel. Ah, la grande évasion !

Extrait 6 :

Le SunChaser : il ne faudrait pas laisser les batteurs-mixeurs coucher avec des prises triphasées, leur descendance aura forcément des problèmes au niveau du design. Et ce machin sent la consanguinité mécanique à plein nez. Dans le sens horizontal, toute une batterie de cuisine modèle orbitale, couverts à salade compris, aligne ses disques, sphères, dents et lames le long d’une coursive tubulaire qui doit mesurer dans les cent cinquante mètres. Elle ne s’incurve que pour éviter les foudres du moteur neutronique, placé en plein milieu probablement pour respecter d’obscurs impératifs d’équilibre et tant pis pour l’esthétique. Disons que ça se justifie… De bas en haut en revanche, c’est du grand n’importe quoi passé au chrome pour faire comme si.

Hop là, rendez chaque extrait à sa nouvelle.

— QUELLES NOUVELLES ????
Ah oui, où avais-je la tête.
Voici donc les titres des nouvelles concernées parmi les 16 perles du recueil :
A – Don Lorenjy
B – Alien Vs. Gladiator
C – De rien en rien
D – Blaster Pride
E – De rien en rien
F – Et puis Bang !

Je sais, c’est difficile. Mais après tout, la réponse est du type A2 – B5 – C3 – D1 – E4, croiseur coulé !

Voilà, vous avez toutes les cartes en mains, à vous de jouer !

Et pour vous aider, la Grifouille de chez Griffe d’Encre a ouvert un fil spécial sur son forum.

La Griffouille est incorruptible !

Allez-y, chopez des indices, comparez vos réponses ou tentez d’égarer vos adversaires, sortez les Guns et les Roses… c’est le jeu !

Puis revenez enregistrer votre réponse ici, en commentaire.
Une seule participation par personne !
Et le premier qui donne la bonne réponse gagne son exemplaire dédicacé par mézigue livré chez lui tout beau tout chaud (pas mézigue, mais l’exemplaire).

Régalez-vous, parce que…

Blaguàparts c’est bon, mangez-en !

Et pour les pas gagnants, le recueil sera en souscription (avec cadeau inside) dès le 10 mars sur le site Griffe d'Encre

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