Comme ça s'écrit…


Bananée !!!

Posted in Textes par Laurent Gidon sur 31 décembre, 2008

Les vœux sont de saison. Comme chaque année, mes proches ont reçu un petit texte écrit pour la circonstance, avec ce que j’ai de tripes, sinon de talent.

Comme je veux leur en conserver la primeur, mais que je vous aime aussi et vous souhaite tout le mieux que peut vous apporter l’an nouveau, voici le texte écrit pour 2006.

Ceux qui voudraient lire du neuf peuvent se reporter à Télérama, dont la dernière livraison 2008 propose des nouvelles de 11 auteurs racontant 2009. Et, tenez-vous bien, les deux grands Pierre de la SF française en sont (Bordage et Pelot). Une année qui commence bien, non ?

A bientôt en 2009…

Don Lo

Soufflons un peu…

La dernière flamme se dressait sans trembler dans l’air immobile. Épuisée ? Peut-être. Elle résistait depuis si longtemps. La veille, elles étaient encore deux à braver les courants malins qui plissaient l’air et couchaient les mèches des bougies. Résister. Comme ça, pour rien. Pour tenir jusqu’au bout. Nombreuses étaient celles qui avaient essayé. Jusqu’à aujourd’hui, une seule avait réussi. Pour l’instant.

Partout, des hommes, des femmes et des enfants même, qui déjà comprenaient un peu ces choses, s’étaient rassemblés en cet ultime instant pour tenter de la maintenir vivante. Cette flamme était la dernière de toutes. Vibrants petits flambeaux de leurs espoirs et de leurs résolutions.

Les souffles conjugués du temps et des promesses enfuies les avaient éteintes, une à une, implacablement. Malgré les efforts. Perdues dans le quotidien, les bonnes volontés en veille n’avaient pas suffi à les préserver. Certains s’impliquaient plus que d’autres. Certains pensaient pouvoir, par leur abnégation ou leur constance, maintenir les flammes. Voici quelques temps, un chevalier noir, tout d’armes et de convictions, s’était même levé de l’autre côté du monde. Il avait déclaré combattre le souffle de la barbarie alors qu’il n’avait sans doute affaire qu’à sa propre angoisse. Qui croissait, de flamme éteinte en flamme éteinte. La peur du puissant est plus dangereuse que la plainte du faible. Le monde s’en ressentait. Pourtant, le fier chevalier se battait lui aussi contre des moulins à vent dont les haleines cumulées mouchaient les flammes sans discontinuer.

D’autres avaient choisi de les protéger plus simplement, de leurs mains en berceaux ou de leurs pensées joyeuses. Ici on s’unissait, là on s’isolait. En vain. Personne, nulle part, ne détenait le secret, la solution qui protégerait les flammes encore vivantes contre les assauts du temps. D’aucuns disaient parfois qu’il ne servait à rien de lutter, que la patience et la résignation suffiraient à tout arranger. Se levait alors comme une marée de protestations : la patience, oui, mais pourquoi la résignation ? Et l’on se remettait en quête, avec encore plus de fébrilité. Agir, courir, brasser l’air… du vent ! De quoi éteindre jusqu’à la dernière flammèche.

A l’approche de la toute fin, on faisait bloc. Plus de dissensions, fini les divergences. Pas la paix, non, mais une trêve au moins. En l’honneur de la petite dernière que tous voulaient défendre de leurs vœux farouches.
Elle tenait. Toujours vaillante malgré l’expiration de chaque seconde enfuie, elle tenait. Encouragée par la solidarité chaleureuse de cette humanité à son chevet, elle tenait.
Pourtant un air léger s’insinua dans ce mur d’espérances éperdues. Il effleura les visages, caressa les mains tendues, puis fureta tendrement vers la mèche maintenant vacillante.

Et la dernière bougie s’éteignit…

… alors que dans un même souffle 365 autres s’allumaient.

2008

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Deux ans, déjà…

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 24 décembre, 2008

Deux ans déjà que Sylvie Delmas nous a quittés.
Elle avait créé Écriture & Partage », ses concours, ses éditions, son forum (devenu maintenant « A Vos Plumes »). Et puis, un jour de Noël, sur la pointe des pieds…

Bon Noël à la famille Delmas, avec tous mes vœux pour 2009.

Va peut-être falloir pas trop exagérer… 3

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 18 décembre, 2008

Les fêtes de fin d’année sont toujours l’occasion de s’en payer une bonne tranche dans la joie et la bonne humeur partagées pendant que les rien du tout se morfondent dans leur médiocrité. Aussi, n’hésitons pas à bien rire avec les policiers lyonnais et tous ceux qui n’hésitent pas à abuser de leur pouvoir pour piétiner joyeusement la légalité. L’humour, c’est fun !

En effet, alors qu’aucune loi ni décret ne les y autorisent, les hommes en bleu ont empêché les photographes de photographier une manifestation (pendant qu’eux-mêmes mitraillaient-enregistraient tous les odieux lycéens mettant en danger la démocratie). Déjà, c’était une bonne blague. La truculence de leurs arguments (« On ne photographie pas, c’est tout, maintenant c’est comme ça ! ») rappelant un innénarable et guignolesque  « Je l’sais, c’est tout ! » de leur grand patron.

Comme il leur restait un peu de poilade en réserve, les policiers sont revenus s’occuper d’un photographe désobéissant, en lui effaçant les images de son appareil numérique. Yeah ! Ils sont forts nos pandores, ils maîtrisent l’outil numérique et le running gag, c’est la police de l’avenir, Majority Report Powaaaaa !!! Qu’est-ce qu’on rigole, c’est vraiment Noël avant Noël ! Qu’est-ce qu’ils vont nous trouver pour fêter l’an neuf !

En revanche, des qui n’ont pas le sens de la blague, ce sont bien les députés majoritaires. Devant une menace (Houlà !) d’opposition de… l’opposition, ils ont préféré faire annuler leur séance et reporter les débats sur le travail dominical à la rentrée 2009. Pfff… s’ils y tenaient vraiment, ils pouvaient revenir en discuter dès ce dimanche, non ? Ah… On me dit dans l’oreillette qu’ils avaient des obligations de famille ou des secrétaires dominicales à inaugurer. Tant pis…

Bon, puisqu’il faut bien apporter sa pierre à l’édifice humoristique en cours d’élévation, je vous mettrai la photo interdite et effacée des policiers interdisant manu policiari au photographe de photographier (mais comme je respecte encore deux ou trois trucs, malgré mon envie de vous secouer les zygos, j’attends d’avoir l’autorisation dudit photographe pour utiliser son cliché).

In the mood for Hank

Posted in Promo par Laurent Gidon sur 16 décembre, 2008
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Il y a un mec qui me plaît, parce qu’en dehors d’être un sale con immature, en dehors d’avoir toujours un bon mot en réserve pour rattraper une bouillonnerie dite ou faite, en dehors de merder grave dès qu’il a une chance de réussir un truc bien, en dehors de saloper sa vie et celle des autres, il est aussi totalement fictif. C’est épatant de pouvoir se défouler à travers des icônes bien dégoulinantes.

Mais la vie est ainsi faite : je ne suis pas Hank Moody.

Donc, et pour revenir à des trucs plus terre à terre, ma petite nouvelle « Révélation » n’a fini que quatrième du concours Sky Prods qui récompensait grassement les trois premiers seulement. Et « La joie par les livres », association liée à la BNF, a classé Aria des Brumes parmi les 6 meilleurs livres pour grands ados en 2008. Ce qui nous promet un succès planétaire, dès que Luc Besson aura sorti son carnet de chèques pour en acquérir les droits (Luc, si tu passes par là, demande à Steven qu’il me rende mon peigne).

Voilà, c’est tout, et c’est bien peu. Vivement la saison 2 en hertzien pas TNT de Californication, histoire que je rêve un peu avec la vie des autres qui ne sont même pas vrais mais mieux que vrais puisque successfull. (toute sécrétion de jalousie parfumant ce blog serait totalement fortuite ou née du seul nez – j’alitère quand je veux – du lecteur : mon épouse vaut bien toutes les greluches que ce chamalow de Hank se tape d’épisode en épisode, amen)

Saines lectures (2)

Posted in Lecture par Laurent Gidon sur 15 décembre, 2008
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Avant, je remerciais surtout Thimotée Rey pour l’incroyable critique (et non chronique) qu’il avait composée sur Aria des Brumes. Maintenant, je peux aussi le remercier pour « Caviardages », court recueil fantastique publié chez La Clef d’Argent. Je viens de le lire, entrelacé à «Espaces Insécables» de Sylvie Lainé, court recueil science-fictif paru chez Les 3 Souhaits, maison d’édition de Actu-SF. Et j’ai bien fait.

Au début, cela s’est mis en place tout seul, la Poste m’ayant livré les deux volumes dans la même tournée. Tout content comme avec deux cadeaux au lieu d’un, j’en lisais un dans chaque main en me collant un début de strabisme divergeant. Et puis c’est devenu une sorte de jeu : un texte caviardé, un texte insécable, dans une belle alternance bien tempérée que n’aurait pas reniée Jean-Sébastien. Parce que j’ai vite trouvé une correspondance entre ces deux recueils, une sorte d’évidence formelle ou spirituelle qui les mettait, non pas en parallèle (ils ne se seraient jamais rejoints) mais en conjonction. Voilà : ils se conjuguent bien, l’un n’enlevant rien à l’autre, mais les deux ensemble produisant un effet de plaisir qu’aucun lecteur bien né négligerait. Gai, marions-les !
Attention, je ne parle pas de grande secousse orgasmique. Plutôt d’un plaisir au long cours, produit par une élégance de style, une précision narrative et un talent dans la retenue composant une musique attachante. Et c’est tout l’avantage de lire les deux ensemble (de les lier ?), pour que le plaisir s’installe et se double, chacun des recueils ayant pu laisser, dans sa brièveté, le lecteur sur sa faim. Là, à deux, ils atteignent la rondeur joviale d’un ami de toujours.

Bon, il y a quand même un truc qui m’énerve, c’est la quatrième de couverture qui résume chaque nouvelle en une phrase, comme si un recueil ne tenait que par la juxtaposition systématique de ses parties. Je ne sais pas vous, mais moi ça me tue l’envie. Pareil pour la préface qui en dit trop sur les textes, citations à l’appui : c’est très intéressant, mais il vaudrait mieux la mettre en postface et laisser le lecteur inventer ce qu’il lit sans le guider dans des rails d’analyse. Voilà pourquoi j’ai sauté la préface de Catherine Dufour, pour mieux y revenir après lecture et comparer mes impressions à ses très fines notations.

Voilà. Je ne vais pas me ridiculiser en tentant une fiche de lecture sur ces deux jolis ouvrages, encore moins vous résumer chaque nouvelle en vous assenant ce que j’y ai aimé. Sachez juste que la nouvelle titre de Timothée est une tuerie Borgesienne qui m’a plu au point d’exiger de l’auteur qu’il développe son affaire, et que le titre Subversion 2.0 de Sylvie m’a fait rêver d’une substitution de Petit Nicolas (et je porte à son crédit que c’est fait exprès). Après, chacun fera son marché à la mesure de ses goûts.

Les Espaces Caviardables c’est bon, lisez-en !

(le mieux, c’est de les commander/payer – pas cher, pas cher ! – sur les sites des éditeurs, alors faites pour le mieux)

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C’est pas Paris, mais c’est pas pourri…

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 9 décembre, 2008
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D’accord, j’admets, je regrette vachement le temps où je vivais à Paris. Si, vraiment.

Mais en fait, avoir ça à une demi-heure de voiture de chez soi, ça compense un peu :

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Après, chacun fait ce qu’il veut, hein ? Ce matin par exemple, j’ai mis les peaux sous les skis et je suis monté un peu, pour voir. C’était bien. Rien de très littéraire, ni même de publicitaire, absolument pas rémunérateur, et pourtant bien quand même.

Je n’avais pas d’objectif, mais arrivé au sommet, il a bien fallu que je m’arrête.

Il y avait ça devant :

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Et ça derrière (au sommet, on voit tout autour, c’est pour ça que c’est le sommet) :

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Au sommet, je n’étais pas tout seul, puisqu’il y avait Job (le choucas, renseignez-vous), qui est venu becqueter mes fruits secs direct dans ma boîte. C’est ahurissant ce que ça ose, le choucas, en temps de crise.

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Bon, j’ai nourri Job, j’ai décollé les peaux des planches, j’ai pris le temps de regarder autour… Qu’est-ce que vous auriez fait d’autre à ma place ? Pareil : je suis redescendu. Sauf que je n’étais pas le premier.

La voie normale était pourrie de traces que c’en était misère. Je n’allais quand même pas me gâcher les spatules dans de la trafolle toute vilaine. Vous auriez fait pareil, je suis sûr : suivre l’arrête vers l’est, et engager drè dans le pentu, sans trop regarder si ça tient. Évidemment, à cet endroit-là, ça craint un peu côté avalanches. Remarquez bien, c’est un peu pour ça que j’ai pu y faire la première trace dans 40 centimètres de fraîche toute vierge. Les autres, ils préfèrent la voie normale… Merci les autres !

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Bon, c’est vrai, la coulée est un peu partie, et il a fallu que j’évacue sur la gauche avant que ça me rattrape les fesses. Mais quand même, c’était chouette. Et puis c’est ma première vraie trace dans le raide cette année.

D’autant qu’en-dessous, c’était juste la portion inaccessible de la combe nord. Que j’ai enquillée derechef, tout seul et tout content.

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Voilà.

Bilan de l’affaire :

– à peine plus d’1 heure de voiture tout compris (CO2 mon amour)

– 2 heures de montée à petites foulées (et que je te prends une photo, et que je regarde c’est beau…)

– 15 minutes de tête-à-tête avec Job

– 10 à 12 minutes de descente bien avoinée…

… moi je dis, c’est pas Paris, mais c’est pas pourri comme journée. D’accord, pas une ligne d’écrite (à part celles-ci), mais les spatules dans la poudre, ça vaut bien le stylo ou le clavier, pour écrire des lettres d’amour à ma nature que j’aime.

Ah si tenez, j’oubliais : j’ai reçu les premières propositions de corrections pour un recueil de nouvelles à moi que j’ai (il va sortir un jour, je vous en reparlerai). Happy me !

Sous un Dieu secondaire

Posted in Textes par Laurent Gidon sur 5 décembre, 2008
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Mes activités légèrement rémunératrices (crisis rules, OK ?) me laissant assez peu de temps pour faire autre chose, voici un petit texte écrit pour le jeu presque hebdomadaire du forum A vos Plumes. Je ne me souviens plus des contraintes (il fallait placer des mots, genre « oriel »), et on s’en moque.

Sous un Dieu secondaire

« Le temps me file entre les doigts. Je ne chevauche pas mon âge, il m’a juste pris en croupe. Son galop martèle mon cœur. Une forge vide aux soufflets béants.
Ce que je fais ou rien, même combat. Et ce malheur qui m’entoure ! Chaque soleil se couche rouge sur mes soirs pour se lever ailleurs, plein d’amertumes. Ma nuit : troc de quelques rêves contre retour du jour. Rien n’en subsiste.
Mais je ne suis pas seul. Nous partageons au moins cela. Tous vagabonds de nos vies. Sans but. Sans destin. Libres de faire ou ne rien faire. Et si souvent le mauvais choix. Même chez les plus énergiques, entreprenants, bâtisseurs, créateurs, que d’instants perdus ! À régir ses semblables comme on désherbe. Livrer ses enfants tout crus au chaos tenant lieu d’avenir. Inventer l’usage de mots pour rien ou si peu, « quintessence », « oriel », « transactionnel »… À faire du vent comme à la pompe. Tracer des cartes, suivre des voies, tresser des éloges et se garder de penser au rien vers lequel nous mènent tous nos pas.
Ceux qui croient avancer se trompent : nous coulons. Du sable en grains perdus. Des gouttes, pas plus, échappées, impossibles à retenir. Et le cycle des jours sans fin, jusqu’aux jours sans nous.
L’histoire n’existe que tant qu’on la raconte. Qui témoignera, passé l’arrêté d’extinction ? Lesquels de nos soubresauts agiteront encore la trame des ans ? La dilution, promesse tenue d’avance.
Alors, nous. Ici et maintenant : nous. Sans lendemain ni ambition autres que dérisoires. Nous, sans phare pour élever nos regards. Sans univers hors de nos sens reclus. Nous. Dépassés en tous lieux et en tous temps. Sous l’emprise d’un Dieu secondaire.
Pourtant, il faut une chute. Alors voici : un moment de bonheur, et tout se justifie. »

— Bon alors ? Qu’est-ce que vous en pensez, vous deux ?
— Que tu perds ton temps et le nôtre avec !
— Que tu es dans le rouge, là, côté philo.
— Ah bon… pourtant, j’aimais bien mon « âge qui m’a pris en croupe ».
— Pas mal, mais un peu facile.
— Et puis alors oriel… Pfff ! Où as-tu pêché ça ?
— Dans un futur dico. Bon, rien d’autre à dire ?
— Si. Ce n’est que du nihilisme dégoulinant. Surtout cette histoire de Dieu secondaire, non ! De toi mon fils, je trouve cela très mal venu.
— Et cette chute larmoyante… éloge d’un petit bonheur pour rattraper toutes les horreurs. Ça pue !
— Bref, rien à sauver, selon vous ?
— Mais si… Toute l’humanité, au contraire. Sauf que là, tu t’égares.
— Tiens, tu veux ma carte ? Garantie authentique : le sauvetage total en cinq étapes et vingt et un siècles.
— Laissez tomber. Je vais plutôt écrire autre chose.
— Ce n’est pas une question d’écriture. L’humain, ça s’apprend en le faisant. À l’usage, tu vois ?
— C’est ça, il a raison. Tu dois capter l’esprit. Mais pas le mien, le leur. Descends donc faire un tour. Parce que là, tu nous pompes.
— Peut-être. Après tout, ce n’est pas moi le pro du Verbe. Pourtant, je pense que je ne suis pas loin, question formulation. Il suffirait de retravailler la fin. Une chute qui claque bien, du genre « Aimons-nous et le ciel nous aimera », non ?


Tenez, si vous y tenez : pour lire facilement tous les textes courts mis en ligne sur ce blog, il n’y a qu’à cliquer dans la catégorie « Textes » et hop !

Va peut-être falloir pas trop exagérer… 2

Posted in Non classé par Laurent Gidon sur 1 décembre, 2008
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Tout le monde le sait, l’ex PDG et directeur de publication de Libération s’est fait amener devant l’instruction pour une affaire de diffamation… de plus. Je dis « de plus », non à charge contre M. Vittorio de Filippis, mais plutôt en pensant à la personne qui accumule les procès en la matière, tous perdus contre ce journal.

Le récit qu’en fait l’intéressé est énervant.

Ce qui l’est plus, c’est la réaction de couverture (normale au demeurant) de la ministre de l’Intérieur et de la Garde des Sceaux : aucune irrégularité, tout va bien.

Mais pour ne pas m’énerver sans cartouche, je suis allé lire le billet de Maître Eolas, qui justement pointe toutes les irrégularités de l’affaire. Et il y en a !

Admettons qu’elles ne concernent qu’une description partisane des faits (après tout, seule la victime s’est exprimée sur ce qui s’est passé), mais aucune des ministres n’a contesté ce qui a été rapporté. Non, elles trouvent que ce qu’a décrit M. de Filippis est conforme aux procédures. Outre leur méconnaissance desdites procédures, cela trahit un certain état d’esprit quant au respect des personnes (vous avez vu comme je manie la litote ?).

Voilà. Ils continuent d’exagérer. Et je m’énerve dans mon coin. Tenez, reprenons juste le dernier paragraphe d’Eolas :

À quelque chose malheur est bon : cela rappelle que ces lois qu’on ne trouve jamais assez dures quand elles frappent autrui, elles s’appliquent à tout le monde. Et un jour, elles peuvent aussi s’appliquer à vous. Vous verrez comme elles vous protègent, ce jour là.

Mais une autre chose m’énerve aussi : tous les articles, même celui de Maître Eolas, parlent d’une banale affaire de diffamation. Oui, trop banale, alors que la diffamation ne devrait pas l’être. Je ne sais pas encore quoi en penser, mais que tous les journalistes, et un avocat, trouvent cela banal m’interpelle.

Edit : je rajoute l’avis d’Eric Fottorino, en clôture de son éditorial du Monde : « il faut avoir un haut sentiment d’impunité pour se livrer à des actes indignes d’un Etat de droit. »

Voilà, indignité et impunité.


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