Aria des Brumes


Vous pouvez répéter la question ?

Publié dans Promo par Don Lorenjy sur le 6 mai, 2008
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On pourrait commencer par « Il y a une chose à laquelle un tout petit tout jeune tout nouvel auteur (vous me reconnaissez ?) n’est pas préparé… » Mais en fait, il y a plein de choses auxquelles on n’est pas préparé, dès qu’on se lance dans un domaine inconnu, ou qu’on change de chaussures.
Donc, parmi tous les trucs qui m’ont cueilli sans préparation, s’il y en a un qui m’a bien fait pousser les cheveux dernièrement, c’est de construire un chalet de madriers à toit plat au fond du jardin. Mais c’est assez loin du sujet de ce blog, revenons à nos questions.

Donc ouais, voilà, on y arrive… votre humble serviteur, tout rose avec la fierté, s’est vu proposer des questions par des gens très bien qui avaient la ferme et légitime intention d’obtenir des réponses pas trop tartes.

J’en entends dans le fond qui leur auraient conseillé de s’adresser ailleurs… C’est vrai. Enfin, c’était un peu vrai, au moins au début. Parce que, répondre sereinement à « dans le roman tout est écrit au présent, ce n’était pas un peu casse-gueule ? » ou à « D’où vous vient l’acuité socio-communautaire qui caractérise Aria des Brumes ? » sans bafouiller des « ben… chais pô, ça m’est v’nu comme ça », je trouve que ça mérite un peu d’entraînement. Ou de temps. Ou de réflexion. Ou de talent. Ou de faire appel à un ami tout en sortant un joker à 50%. Bref, sur le coup, ça m’a cueilli sévère.

Mais…
D’abord, le temps de la réflexion, je l’ai pris. Et ce n’était pas du temps perdu, croyez-moi (oui, croyez en moi, le sens de la vie c’est par là). Je ne suis pas un théoricien du truc journalo-médiatique, mais j’ai un peu l’impression maintenant qu’une interview bien menée aide autant l’auteur que le lecteur à en savoir plus sur ce qu’il a prosé. Ça l’oblige à réfléchir, l’auteur, sur des questions qu’il ne se serait peut-être pas posées lui-même. Sur le coup, il se prend au jeu, oublie la promo et s’allonge sur le divan pour sortir des trucs du profond de chez lui en bas.
Par exemple, on lui demande « Le personnage de Shepher fait preuve d’une passion et de blessures morales qui le distinguent des autres personnages. Est-ce le point de vue et le questionnement personnels de l’auteur qui s’expriment et se libèrent à travers lui ? » Pour répondre avec un rien d’honnêteté, il faut creuser. Lâcher le voile, tomber la carapace, écorner le masque, dites-le comme vous voulez, se foutre un rien à poil, quoi. Ou alors on raconte des vernes et c’est tant pis pour tout le monde (bon, peut-être pas le monde entier… disons l’auteur, l’interviewer et les lecteurs).

Alors on saute de question en question comme dans un poker déshabilleur. Les premières, c’est facile, elles reviennent souvent, c’est le parcours imposé nécessaire pour faire connaissance, on voit trois cartes, pas de souci, mise minimale. En général, ces questions tournent autour du thème du livre, de sa genèse, et pour un primo-publiant, sur la rencontre avec l’éditeur. Pas de quoi mettre la liquette en danger, même s’il y a déjà moyen de livrer un peu de croustillant, surtout dans la façon de répondre la même chose à une même question, mais différemment. Je n’ai pas de conseil à donner, mais j’en ai déjà donné dans un illustre billet titré “ça parle de quoi donc”, où j’expliquais combien il est futé de se préparer à répondre aux questions de base. Alors on y va cool, on répond sans stress, l’interview quel bonheur !
Et puis toc ! l’interviewer abat ses cartes maîtresses. Rendez-vous compte, il a peut-être une couleur ! Je veux dire : une tonalité, une idée à lui sur ce qu’il veut savoir, une lecture personnelle du livre qu’il traduit en questions bien précises. Sur Actu-SF, la tonalité est nettement socio-politique. Chez Les Histoires Sans Fin on est plus dans la technique d’écriture et la relation avec le lecteur. Pour Ado-Livre, les questions tournent autour du travail d’auteur et de l’orientation jeunesse.
Pas question de bluffer. Il faut se positionner, chercher les pourquoi et les comment de ce truc, ce livre, là, qui jusqu’ici tenait tout seul sans avoir à se justifier. Alors, quelle est ma vision du monde qui transparaît dans Aria des Brumes ? Quel est le personnage auquel je m’identifie, ou celui qui pourrait me représenter en société quand je ne veux pas sortir sans costume ? Et quel message pensais-je délivrer à la jeunesse avide de repères en écrivant cette petite histoire ? Et pourquoi avoir choisi la SF pour délivrer ce message ? Et pourquoi ai-je évité le thème de la religion ? Et quelles conclusions tirer de cette expérience ?

Que puis-je répondre, moi qui croyais encore il y a peu avoir pondu une petite histoire juste pour faire plaisir à mon épouse ? Alors j’ai réfléchi. Ce sont de bonnes questions et je vous remercie de me les avoir posées.

Maintenant, j’ai vu dans le programme des Imaginales que j’allais participer à des cafés littéraires, avec des pointures comme Pierre Bottero (mon fils dévore ses bouquins) ou Monsieur Werber himself. Et là, pas de temps de réflexion, le saut dans le vide, élastique distendu et trouillomètre à zéro. A ne pas manquer si vous voulez me voir bafouiller « ben… chais pô, ça m’est v’nu comme ça ».

Weather bitch !

Publié dans Promo par Don Lorenjy sur le 21 avril, 2008
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La météo est une saleté.

Attention : pas la noble institution française de prévision, mais, et par glissement sémantique, les conditions météorologiques qui prévalent au long de ce printemps pourri. Entendez par là que l’auteur en dédicaces est un peu comme le paysan de naguère. Il y a trois sortes de temps qu’il n’aime pas : le beau temps, le mauvais temps, et le temps en général.

Cette brève et réfutable introduction pour vous dire que, quand on prévoit de rencontrer la foule des lecteurs enthousiastes lors d’une après-midi de dédicaces dans une grande (la plus grande ?) librairie de la ville, on la trouve un peu amère de ne voir arriver qu’une personne par heure sous prétexte qu’il fait enfin beau après une semaine de pluie.

Oui, j’ose l’admettre ici, la foule enthousiaste a préféré courir la montagne ou les terrasses ensoleillées plutôt que venir cueillir sur mon visage le sourire qu’aurait fait naître sa visite. Et s’il avait fait mauvais ? On m’aurait sans doute expliqué que, lassée par la persistance de ce temps de merde, la foule enthousiaste a préféré rester à la maison regarder Derrick. J’aurais compris tout aussi bien…

Oui, cet enfoiré de soleil a détourné les annéciens du grand raout culturel que représentaient quatre auteurs alignés pour lui parler de leurs œuvres et au besoin les lui vendre, sans oublier de les signer en ajoutant quelques mots dont la drôlerie bien sentie et personnalisée les aurait fait se gausser d’émotion sincère lorsque, dans quelque vingt ou trente ans, ils auraient ressorti le volume poussiéreux mais religieusement conservé pour l’édification des générations futures. Weather Bitch !!! (judicieusement traduit “Météo pouff” dans un épisode de Friends, mais ce n’est pas le sujet)

D’autant qu’en matière d’auteurs, nous étions cinq et non quatre, de plus adjoints d’un éditeur qui - sacerdoce - se déplace pour accompagner chacun de ses poulains (en l’occurrence Joëlle Incandela, une pouliche donc) sur leurs lieux de dédicaces. Bref, une brochette de six, à faire peur, le long d’une table jonchée de chefs-d’œuvres, et miraculeusement laissés en paix tout au long de l’après-midi sous le fallacieux prétexte que dehors il faisait bon. Nous avons parlé entre nous, échangé des recettes de cuisine, discuté tricot et patron de gilet au crochet, promis de partir en week-end ensemble et compté sur les doigts d’un manchot le nombre de nos exemplaires vendus. C’était très fun et totalement décomplexé. J’ai bien aimé. Même quand ma mère est venu m’acheter un exemplaire, par pitié.

Carl, Shepher et Flume, comme je ne les avais encore jamais vusUn grand moment d’émotion aussi, quand Anilori (rencontrée virtuellement sur le forum Outremonde) s’est timidement approchée pour m’offrir un FanArt d’Aria qu’elle avait dessiné pour moi tout seul. Mon premier FanArt !!! Tellement premier que je ne savais pas ce que c’était… la honte. Je vous explique : c’est une œuvre d’art inspirée d’une autre œuvre (d’art aussi, donc : chouette !). C’était d’un beau ! Presque aussi jouissif que la tête des autres auteurs à mes côtés (désolé les gars, j’ai mon FanArt et pis pas vous, mais ça viendra, persévérez). Merci Anilori, t’es super !

Ceci dit, Monsieur et Madame Decitre, je suis prêt à recommencer l’expérience et faire front à la foule enthousiaste dans votre bien beau magasin quand vous voudrez. Veillez juste que ce soit un jour où la météo ne prévoit ni beau ni mauvais. Vous verrez, on fera un carton !

Voilà, Don Lo et ses petits camarades. Ne les dérangez pas, ils sont au fond du magasin pour la sieste.

Je pose 40… et je retiens quoi ?

Publié dans Promo par Don Lorenjy sur le 10 avril, 2008
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Après m’être bien couvert de ridicule à défendre publiquement des positions qui ne regardent que moi, me voici prêt à reprendre la casquette du jeune auteur enthousiaste, tout frétillant à la lecture des critiques sur son livre tout neuf.

Non, attendez, encore un truc… Ceux qui ont regardé le remarquable “68″ de Patrick Rotman ont-il été, comme moi, sensibles à la troublante similitude entre cette année-là et ce que nous vivons en ce moment ? Des JO ternis par la violence avant même leur ouverture, un bourbier de guerre où l’on ne sait plus qui soutenir (ceux qui meurent : je suis toujours du côté de ceux qui meurent, sauf lorsqu’ils prennent les commandes d’un avion de ligne), de l’agitation dans nos belles démocraties, agitation qui voit s’élever pour ou contre elle des voix intellectuelles et discordantes… et pourtant. La similitude s’arrête là.

Où sont en 2008 les rêves de vivre ensemble, de flower power, d’amour libre et de course nu dans les prés verts ? Où sont surtout les Janis Joplin, les Jimi Hendrix, les Jim Morrison… tous les talents qui portaient ces idées avec autant de naturel que le poil long et les contons indiens, qui posaient les bases musicales et poétiques de toute une génération de contestants, qui mettaient un peu d’éternité dans la révolte ? Où sont-ils, ceux d’ aujourd’hui dont le son, les mots, l’énergie, nous feront encore vibrer 40 ans après ?

En 2008, qui prend le relais dans le gueuloir ? 40 ans de posés, et je ne retiens rien de mieux que le son de 68. Est-ce l’argent ou le goût des gens, mais on a les grands artistes qu’on mérite.

Donc, c’est fini tout ça, je ne vous embête plus avec mes rengaines, et revenons à nos moutons : Aria des Brumes.

Il y a un gars, un gars qui n’a peut-être pas la visibilité des Doors, des Who ou des Led Zep, mais dont la voix d’aujourd’hui m’a fait chaud tout partout. Non, il ne chante pas dans le micro (encore que, peut-être…), non il ne se secoue pas sur scène devant des milliers de hippies subjugués (encore que), mais il lit et il écrit.

C’est Thimotée Rey. Vous en avez lu de lui, si vous choisissez bien vos anthos de l’imaginaire et vos fanzines. Il publie à la mitraillette, des nouvelles et des illustrations, voire des recettes de cuisines qui font passer Einstein pour un aimable touilleur.

Ce Tim’O vient de me faire le grand honneur et le confondant plaisir d’écrire une critique sur Aria des Brumes. Il n’est pas question que j’en donne des extraits ici : un tel monument (sa critique) doit être pris dans son ensemble et fouillé jusqu’au plus profond recoin. Alors allez-y, c’est sur Parchemins & Traverses, éditeur et chroniqueur de l’imaginaire. Prenez votre temps, c’est du lourd, de l’analyse érudite, de l’argumentation comme j’en ai rarement lu, une critique rétroactive qui transformerait presque son objet en chef d’œuvre (heureusement que TimO nuance son propos et évite ce travers).

Timothée, tu es peut-être pour moi ce qu’il restera de 2008 (bon, au moins de son début).

Tamtam de la Flamme

Publié dans Non classé, Tout le reste par Don Lorenjy sur le 8 avril, 2008
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Difficile de se concentrer sur la littérature, non ? Ecrire de jolies histoires, jouer à “t’as vu mon beau style”, signer des bouquins… Ce n’est pas la flamme olympique qu’un rambo chinois en survêt bleu et lunettes noires a pris des mains d’un athlète et pour l’éteindre sans explication, c’est la mienne.

Plus la flamme, cramé, vidé. Marre du tamtam !

Parce que les forces de l’ordre françaises ont bousculé, matraqué, trainé par terre des gens qui voulaient manifester avec un drapeau de la paix.

Parce que des manifestants ont eu la bêtise de se tromper de cible en sifflant les athlètes et la flamme, tombant dans le piège provocateur qui décrédibilise toute position pourtant sensée.

Parce que l’empire du milieu a beau jeu de nous faire la leçon après ce fiasco qui ne souffre aucune comparaison avec la dignité de la marche pour Ingrid Bétancourt.

Parce que les ricaneurs (non Richard, pas toi) qui gloussent à juste titre contre les nouveaux vertueux anti-olympiques vont bientôt avoir raison : à quoi sert d’exiger la perfection autour des JO quand on fait toutes ses courses en Chine depuis des années sans rien dire ?

Parce que les belles idées qui auraient peu faire avancer le respect des droits de l’homme (vous avez vu comme ça devient un gros mot ?) vont être jetées avec l’eau de ce bain polémique.

Parce que tout mode d’action individuel ou collectif en faveur du Tibet va être maintenant entaché des conneries et violences échangées de part et d’autre de cette fichue flamme.

Parce qu’on n’a plus une chance de toucher les décideurs de tous poils là où ça les fait réfléchir : au portefeuille.

Ah si tiens, on peut encore ! Je persiste : ces JO, je n’en verrai pas une image. Je suivrai les résultats des sportifs, mais je ne verrai pas un sponsor, pas un logo de chaîné télé, pas un drapeau (ni chinois, ni autre, avec ou sans menottes). Et je continue d’envoyer mes mails de refus à tous ceux qui croient me faire plaisir en “m’amenant chez moi la fête des jeux”. En ce qui me concerne, leur pognon est perdu (pas pour tout le monde, hein ?).

Allez, pour finir, une petite citation de Jiang Yu, la porte-parole de la diplomatie chinoise:

“Nous espérons que les personnalités du monde politique peuvent appréhender ce sujet en dirigeants politiques et seront capables de gérer les relations Chine-USA en pensant à la stratégie à long terme.”

Manier la promesse et la menace… tout un art.

Y en a marre. Je vais me remettre à écrire, des trucs qui font rêver un peu. Mais pas tout de suite.

Les yeux fermés sur France Inter

Publié dans Tout le reste par Don Lorenjy sur le 7 avril, 2008
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Entendu ce matin sur France Inter, une question d’auditeur qui demandait à chacun de prendre ses responsabilités en boycottant les images des JO de Pékin.

Voilà. Même à la radio, on peut fermer les yeux pour ouvrir le Tibet. Bien sûr, la réponse de Stéphane Diagana a été un modèle de mesure : il s’agirait d’initiatives individuelles qui ne concernent que leurs auteurs et dont l’efficacité ne dépassera pas le cercle privé.

Bien. Stéphane a raison. Quand on court le 400 mètres avec autant de haies et aussi peu de secondes, on porte la flamme olympique avec une fierté qui n’a pas à se justifier. Et quand on porte la flamme, on ne dit pas n’importe quoi. Nous en revanche, nous n’allons pas nous priver.

Donc, voici du n’importe quoi :

“Il n’y a pas eu de répression au Tibet… Les Jeux Olympique seront un grand succès !” Son Excellence l’ambassadeur de Chine à Paris

“Ces jeux ne sont pas une fête mais une défaite pour l’olympisme. Aussi, je n’en regarderai pas les images.” Roger Bambuc

“Disons merde aux entreprises qui croient dorer leur image en l’associant à un drapeau rouge sang : elles finiront par rectifier leur mauvais calcul !” Don Lorenjy

J’ai une grande confiance dans le capitalisme pour savoir faire et refaire ses comptes. Il n’est ici question que d’argent. Plus nous serons nombreux à déclarer aux entreprises qu’elles balancent leur argent par les fenêtres cathodiques, plus les conditions en Chine auront de chances d’évoluer.

Ah oui, aussi : la Chine est la plus grande dictature capitaliste. Les dirigeants chinois ont eux aussi une calculette dans la tête.

Fermer les yeux pour ouvrir le Tibet

Publié dans Tout le reste par Don Lorenjy sur le 2 avril, 2008
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Bon… une fois n’est pas costume, je vais entêter ma casquette de militant.

Voici une petite phrase que je me suis pondu au débotté avec la colère, en lisant le courrier des lecteurs de Télérama ce matin. (Patrick, de Bévézé, nous disait que “… audace pour audace, je propose modestement qu’à son niveau chaque téléspectateur qui veut signifier sa colère s’engage à refuser de regarder une seule minute de programme télé consacré aux JO.“)

Donc, je m’engage, et en ces termes :

“Par la présente, j’indique à toute entreprise, toute marque, toute enseigne, toute association ou tout État qui apporterait son soutien financier, logistique ou politique aux Jeux Olympiques 2008, qu’en solidarité avec le Tibet libre je ne regarderai, n’écouterai ou ne lirai aucun compte rendu ou reportage sur ces Jeux Olympiques dans aucun média que ce soit, et donc que son investissement sera de l’argent perdu en ce qui me concerne.”

Voilà. Si vous voyez quelque chose à ajouter ou retrancher, signalez-le moi. Je modifierai. Ensuite, il n’y a plus qu’à copier et envoyer à tous les sponsors, toutes les chaînes, tout le monde, quoi. On commence ?

Total Contrôle

Publié dans Ecriture par Don Lorenjy sur le 1 avril, 2008
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— Cessez de racontez des histoires, voulez-vous ?
Mais je ne peux pas. C’est la seule chose que je sache faire. Vous ne pouvez pas exiger ça de moi. Autant demander à un escargot de ne plus baver devant une salade…
— Nous sommes dans l’obligation d’insister.
Insistez donc ! Je vous dis que je ne peux pas. Vous insistez et je me répète : chacun son rôle, la scène est posée, mais la pièce ne va pas déplacer les foules. À l’affiche : les hommes en gris et le raconteur d’histoires. Four garanti ! D’autant que vous ne faites peur à personne… enfin, pas trop.
— Le comité des lectures a identifié des éléments dangereusement instables dans vos histoires.
Évidemment… Sans un peu d’instabilité et de danger, l’histoire ne vaut pas la peine d’être racontée. Après, les effets qu’elle aura sur les esprits… Vous êtes bien placés pour savoir qu’ils sont imprévisibles. Ça vous ennuie, hein ? Ça vous enquiquine de ne pas tout prévoir. Par exemple, avez-vous prévu l’explosion de folie que je pourrais faire éclater ici, maintenant ? Laissez-moi y penser un instant…
— Ne tentez rien, je vous prie. Vous êtes sous contrôle.
Bien sûr. Qui ne l’est pas. J’ai bien la lampe dans les yeux. J’ai senti la toile amovible qui va capter mes humeurs sur le fond de la chaise. J’ai vu « La vie des Autres », vous savez ? Ah, cette magistrale séquence d’introduction où l’on suit en parallèle l’interrogatoire et le cours dispensé d’après l’enregistrement de cet interrogatoire. Ce moment glaçant où l’on en vient à justifier les moyens déployés pour faire craquer le suspect, puisqu’on a la preuve qu’il ment. Il ment ! Donc toute technique d’interrogatoire se justifie, non ? Il n’est plus suspect, mais coupable ! Il ne reste plus qu’à presser suffisamment pour savoir coupable de quoi. C’est justifié. L’interrogateur est dans son droit. D’autant qu’il reste humain. Comme vous.
— Nous allons devoir prendre des mesures contre vous. La loi nous y autorise.
Vous voyez ?
— Mais nous préférons toujours chercher d’abord l’accord du suspect.
Vous voyez bien…
— Signez cette renonciation, et les poursuites seront abandonnées.
Moi je veux bien. Signer, c’est facile. Ça n’engage à rien, n’est-ce pas ? On ne va pas se raconter d’histoire : ce qui nous lie, c’est bien plus qu’une signature.
— Cette signature vous liera à la société…
Mais je suis déjà lié à la société, pauvres grisous. Plus que vous avec vos engagements d’officiers sous serment. Plus que vos chefs avec leurs ambitions de chef du dessus. La société, moi, je la rêve ! Elle m’habite, me construit comme je la construit, m’arrondit quand je me durcis, me retient quand je trébuche. Elle me nourrit. Et vous ?
— Nous ne sommes pas en cause.
Rassurez-moi : je ne suis pas seul, ici ? Nous sommes bien en contact, en interaction ? Peut-être croyez-vous encore que nos rôles respectifs dépassent notre humanité… Que vous devez continuer à m’oppresser, que vous devez… faire abstraction de ce qui nous lie. Peut-être croyez-vous que vous avez trop à perdre à dire non. Alors qu’en limitant votre humanité à votre fonction, c’est vous que vous perdez. Tenez, je vais vous raconter une histoire…
— Cessez immédiatement !
De quoi avez-vous peur. Juste une petite histoire…
— Gardien !
L’histoire d’un raconteur d’histoire dont les histoires se réalisent. Ça vous dit ?
— GARDIEN ! ! !
Une histoire où vous n’existez pas.
— …

Vos avis sur Aria (clap clap clap, troisième)

Publié dans Promo par Don Lorenjy sur le 31 mars, 2008
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Commençons par une citation, ça pose toujours. Et une de Claude Ecken encore, ce qui va envoyer ce blog dans les sphères très hautes de l’intelligence et de la sensibilité (merci Claude, c’est à vous que ce début de billet rend hommage). Donc :

“Aujourd’hui, on ne peut bien parler du présent qu’au futur.” Claude Ecken (je vous l’ai déjà dit)

Bon, en dehors du fait qu’Aria des Brumes est écrit au présent, cette formule de M. Ecken m’est immédiatement venue à l’esprit lorsque j’ai lu la critique de Karine, alias Lhisbei, sur le blog du Répertoire de la Science-Fiction. En effet, lorsque Lhisbei écrit :

Aria des Brumes ouvre des perspectives de réflexion, de spéculation sur des futurs possibles, des choix de société.

J’ai l’impression toute frémissante d’avoir scrupuleusement obéi à Claude Ecken. Voilà, sans fard, tel quel, comme je vous le dis. En même temps, je n’ai pas fait exprès. Comme il m’est déjà arrivé de le dire, en bossant sur Aria je ne pensais qu’à l’histoire. Après, que certaines idées sur la vie, l’univers et tout le reste se soient glissées dans le manuscrit, c’est absolument à l’insu de mon plein gré (autre citation cyclique).

Ceci dit, la critique, ou plutôt l’avis de Lhisbei (puisque elle-même se refuse le statut de critique) m’est allé droit au cœur. Je vous laisse lire.

Juste une chose encore : cette critique, je suis allé la chercher. En me baladant sur les blogs, en laissant des messages, en osant.
Oui, on peut oser, amis auteurs (ou futurs auteurs). On peut faire fi de son «quant à soi» et se dire : mon bouquin, là, avec tout ce que j’y ai mis, défauts compris, j’aimerais que cette personne le lise et dise ce qu’elle en pense, bien ou mal. Et tant pis pour l’image, la modestie, ce que pensent ceux qui pensent que vous en faites trop. Quand un éditeur a pris le risque de publier votre livre avec ses sous (ouais Marco et Yann, je sais, il y a débat là-dessus aussi), en faire trop ce n’est pas encore assez. Alors on se colle la timidité dans la poche avec son mouchoir dessus, et on y va. En faisant confiance à la personne pour faire une critique honnête, sans laisser interférer la relation qu’on a commencée à tisser avec elle.

Voilà. Conclusion : merci Karine/Lhisbei.

Mais que je suis donc djeuns !

Sur les conseils avisés de Blandine Longre (ai-je été bien avisé de les suivre ? on verra…), je me suis penché sur le cas Myspace. Autant vous dire tout de suite que je ne me suis pas encore relevé. On a beau faire on a beau dire, quand on a passé l’âge il ne revient pas (Ha Ha).
Traduction : je n’y comprends rien de rien.
À quoi ça sert, ce truc ? Je tape myspace dans google, et je vois une page avec des tas de petites images et un cadre avec « Myspace pour tous » en gros, et « Crée ton propre espace et montre aux autres qui tu es. »

Honnêtement, sans vouloir dire du mal de mon nombril, je ne vois pas l’intérêt. Enfin si : créer de l’espace, je veux bien. Je ne sais pas ce que j’en ferais, mais c’est le seul truc qui me paraisse vraiment luxe de nos jours, la place… Ça et les amis qui passent dans mon espace où il y a toujours de la place, n’est-ce pas ? Alors créons de l’espace, on pourra toujours y ranger des trucs (c’est fou ce que ça prend comme place les skis, les planches à voile, les vélos, les cordes et les crampons…). Sauf que de l’espace, j’en ai déjà, et juste assez si vous m’en croyez mignonne, surtout les jours de serpillière ou de carreaux.
Quant aux amis, on en a jamais troooop (bango !). Mais des vrais, des qui respirent le même air que moi, laissent des traces sur le lino, du chaud dans le canapé et travaillent à voir venir le fond des bouteilles.
Parce que Myspace me propose de créer mon propre réseau d’amis. Propre comme « à moi tout seul » ? Les beaux amis que voilà, propriété privée de moi, réseau fermé, même pas sous creative commons…
Je galèje, on s’en doute. Et je ne suis sans doute pas le premier béotien à poil dur qui enfile des perles sur le concept Myspace. N’empêche que, tout vilain communicant que je sois, je trouve qu’un service qui ne dit pas plus clairement ce qu’il propose n’aura certainement aucun succès…
Ah… c’est trop tard ? Déjà un succès planétaire ? J’ai peut-être juste raté le train…
Bon, passons le cerbère de la page d’accueil pour plonger dans la page « Informations ».
Et là, j’ai beau faire mon djeuns à deux balles net, c’est cata et strophique main dans la main jusqu’au jugement dernier. Car au lieu de m’informer, on me balance une FAQ à faire fuir Freddy Kruger et la cassette de Ring.
Jugez plutôt :

1.          Comment supprimer le profil de mon enfant de MySpace ?
2.        Comment supprimer le faux profil d’un enseignant/membre de faculté ?
3.        Je pense qu’un utilisateur a corrompu mon compte : je ne parviens pas à me connecter et les choses semblent avoir changé !
4.        Comment rendre mon profil privé ?
5.        MySpace est-il gratuit ?

Avouez que ça fait peur. Comme si on vous vendait une voiture (alors que ça n’existe pas encore, ou en tout cas vous ne savez pas à quoi ça sert) en vous informant sur comment éviter de vous faire arnaquer au péage, comment ne pas vous faire voler votre autoradio, comment changer une roue crevée et comment empêcher que vos gosses se tirent en week-end avec la vôtre (de tire). En terme marketing, c’est pas seulement nul : ça relève du pénal. Franchement, je ne lui prédis pas une carrière mirifique, à ce Myspace…
Ah… trop tard ? Bon.

Allez, je vous la fais courte. Vous me reconnaissez, j’ose tout. Je clique donc sur « Inscription » et tombe sur un formulaire qui m’enjoint de rejoindre Myspace ici !
Après des tas de questions indiscrètes sur mon nom, mon prénom, mon âge et ma région, on me prévient que je dois lire les conditions d’utilisations, où j’apprends que

 3.   Tarifs. Vous acceptez que MySpace se réserve la possibilité de facturer des redevances pour toute partie des Services MySpace et de modifier ses tarifs (le cas échéant) de temps à autre, à sa discrétion.

Ce qui vaut réponse au point 5 de la FAQ (voir plus haut). Mais vous le savez, vous êtes tous chez Myspace depuis lurette qu’elle est belle, et donc vous vous en secouez le gras, comme moi.

Ensuite, on me demande une photo, puis d’inviter mes amis… Je n’aime pas déranger les gens pour rien, surtout mes amis. Donc ne vous étonnez pas de ne rien recevoir : c’est normal, passez plutôt à la maison, tout le monde sera content de vous voir.

Voilà, c’est fait… je suis sur Myspace maintenant. Ça le fait grave, non ?

Bon, heureusement que Blandine m’a promis de m’aider à peaufiner un profil un peu plus classe, parce que là… comment que je fais pas djeuns, c’en est pitié.

Ceci dit, un truc qui sert juste à rencontrer des gens qui pensent comme vous et font les mêmes trucs que vous, c’est over flippant (djeuns ?). Je préfère les autres, qui font et pensent pas pareil. Ils ne sont pas toujours de tout repos, mais y a de l’aspérité, du grain à moudre, de la discuss jusqu’à point d’heure sur tout et rien qui vont si bien ensemble, marions-les. Sur Myspace (ou Yourspace, on verra) ça va être dur… Encore que…

J’ai vu le profil du Capitaine du Navire. Faut reconnaître, elle n’est pas la dernière pour la déconne, et ça se sent, même de profil. Sauf que je préfère l’avoir en face, na !

Ça verse à pleut !

Publié dans Promo par Don Lorenjy sur le 28 mars, 2008
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Je vous avais laissés tout pétris d’allégresse par les commentaires de Blandine Longre sur mon Aria à moi. Une gloire ne tombant jamais seule (entendez-vous le drapé froufroutant de la chute de gloire tout autour de votre auteur chéri), voici que le téléphone sonne et me saisit en pleine rédaction d’un futur billet.
On me siffle et je décroche (n’en déplaise à Cocteau ou Guitry, je ne sais plus).

Moi : Allôôô (classique)
Lui : Bonjour, vous êtes bien Don Lorenjy ? (léger accès belge)
Moi : Heuuu… Ouiiiii… (ça dépasse les 7000 tours entre mes hémisphères : suis-je bien Don Lo, ou seulement le véhicule corporel d’une hypothèse qui pourrait s’appeler ainsi).
Lui : Je suis Benoît Anciaux, du magazine Ado-Livres, en Belgique. (lui au moins est sûr d’être qui il est) Une de nos collaboratrices a lu votre livre…
Moi : Ah… elle a aimé ? (ce doute qui me taraude…)
Lui : Elle a adoré, et elle veut vous interviewer… C’est possible ?

Alors Benoît, sachez que vous pourrez toujours interrompre ma rédaction bloguesque pour m’annoncer de telles nouvelles et me poser de telles questions.

Sachez aussi que j’accepte l’interview avec une joie non dissimulée quoique teintée d’angoisse (pas de bêtises… ne pas dire de bêtises !).

Sachez enfin que plus jamais je ne m’abaisserai à raconter d’histoires belges.

Tenez, juste une dernière : savez-vous comment un français se suicide ? (ici, placer un geste de la main formant un pistolet qui tire vingt bons centimètres au-dessus de votre tête) Comme ça, en plein dans son complexe de supériorité…

Une info encore : c’est le magazine Ado Livres qui a permis aux Virus de L’ombre d’Hicham Charif (chez Le Navire en Pleine Ville, bien sûr) d’être sélectionné pour le prix Farniente 2008. Ah oui, tiens, Hicham a remporté ce prix (qui récompense le livre préféré des lycéens belges) dans la catégorie Une Basket (à quand la paire ?). Bravo Hicham et vive le Navire !

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