Entre vues
Petit passage en coup de vent (les 15 nœuds d’hier soir m’ont bien fait sauter la planche, merci) pour faire ma bêcheuse en signalant la parution d’une interview réalisée de main de maître par Manu, sur SciFiUniverse, un site sympa et réactif qui parle de beaucoup de choses, et même de moi.
Cela peut se lire ici, et j’ai vu qu’il était même possible de laisser des commentaires.
Pour les feignants du clic, je précise qu’il n’y a pas de photo de moi en pagne (bien qu’il y soit question d’une photo de femme nue), qu’on n’y livre pas la fin du prochain Djeeb (mais vous aurez une idée du titre), et qu’y sont évoqués mes projets pour la semaine prochaine, ce qui vous rend tout frétillants d’impatience, ne le niez pas.
Bonne lecture, bonnes vacances à vous, et revenez en pleine forme pour qu’on se retrouve à la convention SF et Fantasy de Grenoble !
Comment ? Vous n’êtes pas au courant ? Renseignez-vous !

Open Blog (your thurne) !
Vive la vie, vive le vent : on part en vacances, on devient Normands !
Pour que ce blog ne s’endorme pas, allez-y, faites comme chez vous, c’est ouvert.
Alors, de quoi voulez-vous parler ?
Que voulez-vous raconter ?
Ou même, que voulez-vous que je vous raconte ?
Dites-le moi en com (ou envoyez-moi un mail),
si ça me plaît (j’ai l’esprit large) on le passe…
et des millions d’internautes vont se régaler de ce phénomène 2.0 que j’entrevois. Youpla !
Allez, c’est à vous !
Nous, on va là :
L’abri des regards
Il va bientôt être de notoriété publique (quel grand mot) que je relève d’une bonne grosse dépression bien sévère : c’est le sujet de mon prochain livre.
Le prochain ? En fait, je ne sais pas. Il faut que je lui trouve encore un éditeur.
Il a de bonnes chances, quand même, puisqu’une commission d’attribution de bourses l’a trouvé suffisamment intéressant à l’état de projet pour lui consacrer un peu d’argent public. Des sous à vous, dans mon livre à moi, ça en fait un peu le livre de tout le monde. C’est exactement ce que j’avais envie d’écrire.
Un truc à moi, à chaud, qui puisse résonner chez les autres, parce qu’on est tous un peu pareils dans nos différences.
Le projet a pas mal bourlingué d’un titre à l’autre. D’abord Et ne pas s’en sortir…, puis Un jour, ça vient, et maintenant : L’Abri des regards.
Pourquoi ?
Peut-être parce que je m’y balance à nu sous les yeux de tous, malade et écrivant ce que mon cerveau malade est capable de produire, guérissant et écrivant ce que les rémissions et les rechutes me dictent.
Surtout parce que je ne cherchais pas le frisson de l’exhibition, mais la chaleur, l’acceptation, dans le regard de l’autre. Jusque dans celui, décalé, du lecteur.
Au lieu de cacher un mal si commun, au lieu de me mettre à l’abri des regards, j’ai cherché le calme dans les yeux de ceux qui acceptaient de me regarder alors que la tempête faisait rage. Et je l’ai trouvé, ce calme, cette acceptation. Ce qui me pousse encore une fois à remercier sans rien avoir à donner en échange. Être regardé pour ce que l’on est, sans fard ni rôle, c’est l’abri le plus sûr qui se puisse trouver.
Le livre n’est pas fini. Il me reste encore un peu de ménage à faire, et donc quelques pages à écrire. Je sais déjà ce qui en fera le dernier chapitre. Rassurez-vous, je vais mieux, pas question de suicide. J’ai appris pas mal de choses sur moi, sur l’humain en général, sur la vie qu’on peut mener ensemble. Mais j’ai aussi appris qu’une dépression n’est qu’une étape. On met quelque chose en lumière, on gratte une couche, et forcément une autre apparaîtra. Qui exigera sa lumière, le moment venu. D’une façon ou d’une autre. Ce sera peut-être le sujet d’un autre livre.
Si certains d’entre vous battent de l’aile, sachez que je suis avec vous. Pas devant, mais à côté. Montrez-vous, je vous regarde.
Chroniques d’un rêve enclavé
Pas besoin de faire le malin à trouver un titre de billet qui se la pète : celui du livre d’Ayerdhal est très bon. Le livre aussi, d’ailleurs, mais de cela tout le monde est déjà certain. Pour ceux qui ne le savent pas encore, je vais expliquer ce qui m’a plu.
D’abord, c’est bien écrit. Plus au début qu’à la fin, ou plutôt : c’est plus visible dans les premières pages qu’après. Il y a, dès la première description, une façon de cogner les mots et les idées pour rendre évidentes des images et des sonorités que je n’avais pourtant jamais lues ou entendues :
C’était l’Année des Feux de Pierre, les vignes appelaient l’eau de tous leurs raisins, l’été n’en finissait plus de rogner l’automne.
Je ne sais pas vous, mais ça me parle plus que « C’était un été chaud, sec et long». Mais bon, c’est personnel, j’aime quand ça chante et qu’il y a de la musique en plus des mots. Je ne suis pas certain que Ayerdhal apprécie qu’on s’arrête juste au côté décoratif de sa langue. D’ailleurs il glisse lui-même vers du plus descriptif, plus efficace, quand l’histoire et les idées prennent le dessus.
Donc, un rêve enclavé. Que faut-il pour que toute une communauté se mette à partager le même rêve de vivre mieux, ensemble, sans se fritter dedans ni chercher querelle dehors ? D’après l’auteur, plusieurs choses.
Pour commencer, des conditions bien pourries. Peut-être pas une crise financière internationale ou un dérèglement climatique, mais un hiver bien rude et des réserves qui baissent font l’affaire. S’il y a dehors des pilleurs affamés qui rodent, c’est encore mieux (ils n’avaient pas de terroristes en ce temps-là).
Ensuite, une situation géographique un peu particulière, qui permette de se sentir à part tout en ayant accès au monde, même si ce n’est pas des plus facile. Ça n’a l’air de rien, mais être au bon endroit quand tout merde, ça aide (demandez aux Bengalis ou aux Maldiviens).
Enfin, un bon catalyseur : le mec qui a des idées et qui saisit le bon moment pour les partager, convaincre, enthousiasmer. Un bon Parleur, quoi, pas un petit roquet qui fait bling-bling quand on le secoue.
Après, il suffit d’attendre que ça prenne, et on observe.
C’est ce que fait le livre. Un peu comme un programme politique qui comparerait le modèle et sa réalisation. En prenant les virages au bon moment, et trouvant aussi les bonnes personnes pour relayer le message et mettre les idées en actes, on ne se fabrique peut-être pas la société idéale mais un truc qui donne confort et sécurité à tous et laisse ses chances à chacun. Jusqu’au moment où…
Je ne vais pas vous raconter la fin, juste vous dire ce que j’en pense : même si Ayerdhal ne pouvait pas finir son livre autrement, ce qu’il décrit vaut le coup d’être tenté. Peut-être pas en s’enclavant au sommet d’une colline, mais au moins entre nous, en cherchant à élargir ce « nous » le plus possible. Moi, j’aimerais bien. D’ailleurs, on a déjà commencé, non ?
On peut charger le premier chapitre… et le lire.
La chose est une fille
C’est peut-être à cause de mes lectures du moment. Chroniques d’un rêve enclavé, de Ayerdahl, notamment. Mais aussi les journaux en papier ou en ligne.
C’est peut-être aussi parce que mes oreilles sifflent, de tout ce bruit autant que des causes de ce bruit.
C’est peut-être à cause de la vieillerie qui finit par me rendre un peu adulte malgré toutes mes résistances.
Bref, c’est à cause de nous tous, et je pense que c’est une sacrée bonne cause.
Le tambour médiatique brasse le tout et le rien comme une machine à laver la pensée. Effet de sidération et d’indignation réflexe, vite chassée par la prochaine sidération : prévarication, grève de nababalleurs, prise illégale d’intérêt, procès, canicule et loi ad hoc… ça s’enchaîne dans le tamtam sans rime ni raison. On perd toute distance, toute pensée.
Heureusement, d’autres pensent pour nous. Simone Veil et Michel Rocard mettent même cette pensée en mots et en ligne pour nous inviter à cesser de crier et reprendre le contrôle sur nos neurones.
Ils ont un peu raison sur la forme. Mais sur le fond… que nous proposent-ils, sinon une pensée dépouillée des indignations face à l’intolérable, pour que justement nous puissions persévérer dans la tolérance. Et tolérance de quoi ? De ce qui ne devrait pas être toléré, justement.
Ils en appellent à la république et nous refont le coup de l’étymologie. Oui, res publica, c’est la chose publique. Mais notre république, prise de force ou consentante, n’est plus que la fille publique d’une bande organisée. Très organisée, au point que son organisation s’est dissoute dans une quasi génétique de la domination, sans qu’il soit besoin d’y poser la moindre règle.
Et je rejoins Ayerdahl (sauf si je l’ai mal compris). Notre république, notre démocratie, ne sont plus que les masques d’un féodalisme dont l’humanité ne se sortira pas par le haut.
Tant qu’on accepte que certains gagnent ce que d’autres perdent, tant qu’on estime la valeur d’un homme à son apport et non à son être, tant qu’on sépare le bon grain de l’ivraie, on baise la république. Et comme toute pute, on la paye. Cher.
Et souvent sans s’en rendre compte. Là où la république de Veil, de Rocard, des gouvernants ou du care (quelle connerie, comme s’il n’y avait pas de mot français !) est plus maligne que nous, c’est quand elle nous fait croire que le prix payé en infantilisation est en fait le bienfait absolu que l’on attendait d’elle. Bullshit ! (moi aussi, je sais dire des conneries en anglais)
Devenir adulte, c’est peut-être aussi reconnaître chez l’autre sa part d’adulte. L’écouter s’il parle, l’aider même s’il ne demande pas, et surtout penser qu’on peut lui faire confiance, sans loi ni police, pour être humain.
Djeeb l’Encourseur : premiers avis
L’avantage de partir en vacances avant les vacances, c’est qu’il n’y a pas grand monde au camping ou sur les plages. On s’en fout, c’est ma vie, mais quand même, j’ai bien aimé.
Reprenons.
L’avantage de partir en vacances quand les autres ne sont pas encore en vacances, c’est que tout change en votre absence. Et ça, c’est bien. C’est un peu comme avoir été otage des Talibans (nan, j’exagère, pffff !) : quand on revient (si on revient) le président de nous a changé, deux crises sont passées et le jaune qui était has been total est de nouveau à la mode. Mais pour s’en rendre compte, il faut revenir. Et replonger dans le paradis promis du Web deux point zéro. Ce que je fis.
Donc voilà : en mon absence, une paire de gens bien sous tout rapport ont lu Djeeb l’Encourseur (le livre qui et que, courez en librairie munis d’un billet de 19 euros et il est à vous) et ont donné leur avis.
Comme je n’ai pas les dates de parution des articles, je les fais par ordre alphabétique.
Sur Psychovision (avec un P, donc), Stegg n’y va pas avec le dos de la cuillère du pied gauche en lui accordant un vibrant 9/10 (je brode, mais c’est pour dire que ça me fait plaisir).
D’ailleurs je lui laisse la parole, parce que c’est trop bon : « Mais ce qui marque le plus dans ce roman, c’est la plume de son auteur, une plume évocatrice des émotions et des réactions de son personnage principal, une plume qui cherche à séduire et à surprendre, un peu comme Djeeb devant ses spectateurs. » Pas mal, hein ? Il a tout compris. Et me v’là auteur à plume ! En plus j’aime ça.
Sur ScifiUniverse, Manu lui octroie un très correct 7/10. En soulignant l’évidence de l’hommage (pillage ?) à Jack Vance, il me fait bien plaisir, tout autant qu’en évoquant son plaisir de lecteur. Et, comme ça me flatte, je le cite : « A la manière d’un Adam Reith, Djeeb est parti pour faire le tour de la région, à la rencontre de ses diverses peuplades. En tout cas, Laurent Gidon a la plume et l’imagination pour.«
Ah ben tiens, encore la plume ! Où faudra-t-il que je me la mette pour mériter ces éloges ? En tout état de cause, Manu a du nez, puisque Djeeb va en effet poursuivre son voyage à la découverte de l’Arc Côtier et des Confins. La suite au prochain épisode (ah non, ce sera un préquel).
Entendons-nous bien…
C’était il y a déjà presque un mois, c’était à Épinal, ça s’appelait les Imaginales, c’était un autre temps et un autre monde, et vous n’y étiez peut-être pas tous.
Comme j’ai eu la chance de faire le voyage, pas seulement pour occuper ma chaise de dédicaces de peur qu’on me la pique (j’étais quand même assis à côté de Justine Niogret, Maïa Mazaurette, Vincent Gessler, David Bry, Fabien Clavel, Erik Wietzel, belle brochette !), mais aussi pour parler dans des micros qui m’étaient obligeamment tendus, il m’est venu l’idée de partager toutes les âneries que j’ai pu proférer. Cela m’a été grandement facilité par les pros d’ActuSF, qui ont tout enregistré et mis en ligne. Bravo, et merci.
On a commencé par Réécrire le passé pour ré-enchanter le monde, ce qui était un postulat très intéressant défendu par des auteurs historiens de haut vol comme Jacqueline Carey, Cristina Rodriguez et Jean-Philippe Depotte, et j’aurais bien aimé être dans la salle pour mieux profiter de ce qu’ils avaient à dire. Mais bon, il fallait un candide, un mec qui écrit sans faire la moindre recherche historique ou géographique, personne n’était volontaire… sauf moi.
Le lendemain matin, très tôt (10 heures) et à peine réveillé, on me demandait de disserter sur « Je est un autre… les écrivains et leurs pseudonymes ». Heureusement que j’étais accompagné de deux vieux de la vieille (à cet âge-là, ça dort moins la nuit), parce que Wayne et Barrow n’avaient pas encore émergé.
Passons à l’imaginaire positif (vilain mot). Cette conférence, j’en attendais beaucoup, peut-être trop, je m’y étais préparé, peut-être pas assez… et je me suis sans doute vautré. Pourtant, on y parlait d’imaginer des lendemains heureux, ce qui aurait dû mettre tout le monde d’accord, au moins au niveau des envies et des projets. Tant pis, je ne lâche pas l’affaire.
Pour clore, nous avons fait la promo de Magiciennes et Sorciers dans une bel ensemble choral sur l’Anthologie du Festival… et on a bien fait, parce que cette antho mérite. Je l’ai presque finie, je vous en reparle bientôt.
Les autres conférences (sans moi, mais avec plein de gens bien) sont à écouter là.
Bonnes zoreilles, bisous à tous et ne croyez en l’avenir que si vous faites quelque chose pour (sinon, c’est pô la peine, laissez couler).

ActuSF, les fous qui font tout
Beaucoup… pas beaucoup… pareil !
L’avantage des week-ends qui durent deux jours, c’est qu’on peut faire (au moins) deux choses différentes.
Par exemple, vendredi soir on fêtait les 150 ans de l’annexion de la France par la Savoie. Une petite réunion entre amis, sur le Pâquier, la pelouse au bord du lac, à Annecy. On s’était retrouvé pour écouter un peu de musique. C’était sympa, l’orchestre était bon, la pluie s’était arrêtée.
Samedi, un peu pareil : retrouvailles autour de la SF et de la Fantasy cette fois, à Grenoble, à la librairie O’Merveilles, avant d’aller casser la coquille à l’Assiette Moules-Frites, un resto qui fait aussi des entrecôtes. C’était sympa, bonne compagnie, bonne bouffe, bonnes bières.
Avant, on avait fait quelques dédicaces avec Laurent Poujois et son Ange Blond, Prix Révélation 2010 des Futuriales. Discuté avec des gens qui avaient (déjà) bien aimé mon nouveau Djeeb l’Encourseur (oui, il est disponible en librairie, ne vous retenez plus, courez-y !). Bu beaucoup de cafés et de thés. Répondu à des interviews pour Elbakin et Les Lyonnes de la SF. Raconté des blagues avec Delphine, Sylvie, Juliette, Gaby, Cédric, Gilles le traducteur à moteur, François, Pierre et les autres. Parlé écritures et lectures, envies et projets, sans différence entre zauteurs et zêtres zhumains. Mangé des moules en racontant d’autres blagues. Refait le programme de la convention du mois d’août (viendez). Fini à point d’heure sur un parking en plein vent. Contents.
Un bon week-end, non ? Je trouve.
Un détail : samedi, on était une quinzaine à parler d’un tas de trucs et même un peu de livres.
Vendredi, pour écouter la musique, on était… douze mille, dont 400 musiciens et choristes, et Étienne Perruchon, un gars qui jouait du piano et avait écrit toute la partition. C’était le concert Dogora, gratuit, entre nous.
Douze mille, et pas une brouille. Juste de la musique et une langue toute simple, qui vous remue comme un chant ethnique d’avant l’homme moderne, avant les ambitions et les guerres. Douze mille à touche-touche coudes, épaules et hanches, haleine contre haleine, chant contre chant, et ça pulsait dans toutes les poitrines sur le même rythme. Douze mille à tenir la pluie en respect. Douze mille à se frotter chaud sans se cogner.
On fêtait quoi, déjà, à douze mille ? Le rattachement d’une région à un pays ? Une envie de vivre ensemble vieille de 150 ans ?
Ben oui, ça se fête !


12000 et 400, ensemble tout pareil
Merci qui ?
J’aime être en situation de dire merci.
J’aime cette sensation, quand on s’aperçoit que ce que l’on a fait, ce que l’on a ressenti, on le doit à quelqu’un d’autre autant qu’à soi, sinon plus.
Je ne parle pas du merci de politesse, du merci automatique de bonne éducation, mais de celui qui vous tombe dessus comme ça, après avoir partagé quelque chose qui dépasse ce qui était possible seul.
C’est le merci qui vient dans l’esprit du dessin de Samivel, celui où on voit un alpiniste en extase devant un coucher de soleil et qui pense « Ce serait tellement plus beau si je pouvais le dire à quelqu’un ». Quand quelqu’un est là pour rendre tout tellement plus beau, un simple merci lui reconnaît sa place dans cette beauté mieux perçue. Un merci pour une présence, rien d’autre.
Ces remerciements m’échappent parfois et sèment le trouble. Je me souviens de l’émotion de Blas de Roblès, l’auteur de Là où les Tigres sont chez eux, lorsque à Cluses, au salon Esperluette, je l’avais remercié pour le beau voyage qu’avait représenté son livre pour moi. Scié, l’écrivain. Des félicitations, surtout depuis le Médicis, il en avait reçu pas mal. Des compliments aussi. Mais des mercis, apparemment pas tant. Il n’en revenait pas. Et en ce qui me concerne, égoïstement, j’avais été presque aussi heureux de lui faire ce plaisir surprise que de lire son livre.
Des mercis comme ça, avec un supplément de fibre, il m’en sort pour le barman qui vient de magnifier un moment en réussissant un cocktail explosif, il m’en monte pour mon fils qui m’a offert un câlin à rallonge, il m’en vient pour des auteurs comme Ayerdahl dont le succès prouve qu’on peut inventer des histoires avec du sens, les écrire avec un ton et un style qui ramonent, et trouver le public quand même.
Et puis paf, voilà que j’en reçois un, tout chaud, rien que pour moi. Un copain à qui j’avais prêté Djeeb l’Encourseur. Il le lit et me le rend, en me disant merci. Mais dans son merci, il y en avait autant pour lui avoir prêté le livre que pour l’avoir écrit. J’invente pas, il me l’a dit, précis, en ajoutant qu’il me remerciait déjà d’écrire le suivant. Des fois que j’aie un doute.
C’est sûr, c’est peu de choses, un tout petit plaisir. Mais j’avais envie de partager pour que ce soit meilleur. Merci à vous.

Futuriales : parce que c’était vous…
C’était hier, encore une journée en apesanteur, dans un parc d’Aulnay-sous-Bois, sous une tente juste assez grande pour être bien, avec un public nombreux, curieux, chaleureux et un déjeuner sympa dans un réfectoire d’école comme à Sèvre. Je profite de n’être pas encore redescendu pour remercier à chaud.
D’abord l’organisation, les libraires, les bibliothécaires, qui ont réussi pour une première édition à trouver le ton juste, mettre en place l’infrastructure idoine et créer une atmosphère que certains salons mettent des années à insuffler. Je le leur ai déjà dit sur place, mais comme ça c’est écrit. Pourvu que la manifestation perdure !
Ensuite les gens, plein de gens :
Sophie, le plaisir de te revoir ; tu es toujours aussi belle, ta vie doit l’être aussi et celle de tout ceux qui la partagent un peu autour de toi.
Bénédicte, Anne et leur grande copine, leurs sourire et leurs blagues ; elles passent ici, elles me l’ont dit.
Oph, bien sûr.
Tarik, enfin ! pour cette matinée rien qu’à causer (ça c’est bien passé, l’anniversaire de Nils ?).
L’échassier de la compagnie Tibody Paint qui s’était pris une bâche sur le parquet des Imaginales et que j’ai été content de revoir sans bobo (mais qu’est-ce qu’il est costaud!).
Et puis les gens qui écrivent (Anne, Mélanie, Sylvie et Sylvie, Joëlle, Li-Cam, Cédric, Lionel, David, Karim, Timothée, Serge, Éric, Vincent, Stéphane, Philippe…),
ceux qui publient ceux qui écrivent (Charlotte, Jérôme, Claire, Philippe, Karim encore, et Magali…),
ceux qui écrivent sur ceux qui écrivent (Bruno, Thomas, Raphaël…),
ceux qui photographient (Mélanie encore, Roger-Marc…),
ceux que j’ai rencontrés pour la première fois mais que c’était bonheur : Laurent Poujois (grand Prix !), Xavier Bruce (grand sourire !), Édouard Brasey (petit café… sur le Jean, désolé), Manchu (grand bonhomme),
et ceux que j’oublie ce matin mais que j’ai eu plaisir à voir hier.
Je sais, ça fait un peu inventaire, mais tout le reste est dans mon cœur… sauf mon café, qui est toujours sur le Jean d’Édouard Brasey. Désolé.
En plus, j’ai pu faire plein de trucs dans le train, dont lire la nouvelle de Lionel dans Magiciennes et Sorciers (l’indispensable antho des Imaginales) et j’ai bien aimé, poser les bases bien propres d’un projet à venir et avancer sur le chapitre 4 de Djeeb l’Aimenteur. Comme samedi, c’était pas mal.
Bon, je sais que ça frustre un peu au niveau anecdote, mais qu’est-ce que vous voulez : ce qu’on a dit ne concerne que ceux à qui on le disait. C’est leur privilège à eux, ils partageront s’il veulent bien, ici ou ailleurs.
Si, quand même : Laurent Poujois a été très content de recevoir son prix, et son professionnalisme dans le remerciement ne doit pas cacher qu’il était super ému et super heureux. En plus, le prix est beau. On dirait une forme topologique revue par un artiste époque Jules Verne, avec cuivre et rivets de belle facture.
Vraiment, les Futuriales, ça mérite. D’ailleurs Jacques Ully, un des organisateurs, m’a paru tellement cool que j’avais l’impression de l’avoir déjà rencontré plein de fois.




