Aria, Djeeb, Blaguàparts… what else ?


Parole, Karim, t’es trop blague !

Publié dans Promo par Don Lorenjy le 5 février, 2010
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Quand on écrit un livre et qu’un éditeur est assez fou pour vous le publier, il y a une chose qu’on attend avec angoisse et bonheur, c’est… le contrat avec le montant de l’à-valoir.

STOP !
Pas du tout, coupez, on la refait.

Quand on écrit un livre et qu’un éditeur est assez fou pour vous le publier, il y a une chose qu’on attend avec angoisse et bonheur, c’est… le texte de quatrième de couverture,

OK, c’est mieux. On enchaîne.

Le texte de 4ème de couv est toujours un petit bijou de littérature publicitaire, ou en tout cas devrait l’être. Il est souvent écrit par le conseiller éditorial qui a suivi l’affaire, la poussant du vilain bébé manuscrit tout fripé jusqu’à la magnifique parution dont la blondeur souriante et l’opulente poitrine vont attirer en ces lieux les apparatchiks de SRàGS*.
Je serais éditeur, je les confierais tous à Karim Berrouka. Parce que.
D’abord, Karim sait écrire et ceux qui savent lire on déjà pu se gondoler à ses histoires très pif pouf palapoum. Mais alors quand il se lâche sur une 4ème, ça porte loin. Voyez plutôt :

- Top c’est parti.
Je suis un recueil de 16 nouvelles où la réalité est mise à mal où le futur comme le passé se prennent quelques séries de baffes monumentales. Je voyage dans l’espace sous forme de cube sous forme de navette déglinguée j’ai des potes commandos des frontières de l’infini d’autres qui ont le tentacule facile. J’aime les enfants j’aime pas les hôpitaux j’entends des voix je chante le Canto-Pilote électrique. Quand j’ai crée le monde j’étais un concept quand je l’ai vu disparaître j’avais des cors aux pieds. Je suis… Je suis ?
- Balguàparts, de Don Lorenjy !
- Bravo, vous gagnez une trottinette !

Parole, Karim, le coup de Questions Pour un Champion, ça me le perce !
Comment as-tu su que, dans ma prime jeunesse, j’avais enchaîné trois victoires à ce jeu télévisuel avant de me faire laminer aux Masters (et en smok, siouplaît) par des mutants à trois cerveaux et une seule main (pour le buzzer), hein ? Comment t’as su ?
Non, franchement, ce texte-là je me le garde pour moi.

Voici une autre version berroukesque, et ça se tient aussi :

On pourrait vous dire que la réalité qui se barre en couilles, c’est pas drôle pour tout le monde ; que tenir le rôle de nettoyeur de l’espace, ça appelle pas forcément le sourire ; que les rencontres extraterrestres, c’est pas le gag préféré de l’humanité ; que la marche à pieds, c’est pas le panard niveau excitation de la voûte plantaire.
Ou vous laisser vous faire une idée.
Mais, pour ça, il faudra lire autre chose que le quatrième de couverture.

Alors là, chapeau le teasing publicitaire. Karim, le jour où tu en a marre d’écrire de la bonne littérature, demande-moi des contacts pour entrer en agence.
Encore que…

Parce que là, tu t’es lâché sévère. Après les méchancetés sur Dan Brown, Marc Lévy et Werber qui ne méritent quand même pas ça, tu conclus d’un magistral :

… Vous voulez des elfes et des nains et des dragons qui gambadent et se frottent aux mollets d’un nabot formé par Gérard Majax, comme du Tolkien, mais avec des femmes à poil en plus. Euh. Y en a pas. Mais il y a une page blanche en fin de volume si ça vous tente.
16 Blaguàparts, c’est assez pour dire en 250 pages tout ce que les autres diluent en 16 volumes.

Je vous garde pour la fin le texte qui figurera effectivement sur la quatrième de couverture des Blaguàparts, ce recueil qui, et que… bref, qui sortira bientôt chez Griffe d’Encre.

Approchez, approchez ! Ici on travaille pour le bien de la littérature.
On traite de sujets phares, comme l’humanité, l’altérité, l’avenir du monde, les distributions de pains par 0 g.
On se défonce à l’illusion, on s’envoie ad patres dans des tunnels publicitaires, on se shoote dans les étoiles, on gobe du tout-puissant, on se transforme à volonté courts longs carrés…
N’ayez crainte, prenez place, vous verrez du pays, et des trucs à vous faire péter les synapses.
Dépêchez-vous, l’offre n’est pas éternelle ! Il vous reste 16 nouvelles à lire avant l’autodestruction de l’humanité.

Voilà, c’est fait, Karim m’a donné envie de lire mon propre recueil. Malin que tu es !
Parce qu’il y a un truc qui m’énerve dans les présentations de recueil, c’est quand l’éditeur essaie de nous faire la liste des nouvelles de façon détournée, genre « vous comprendrez toute la finesse de l’allusion quand vous aurez fini de lire ». Ça me gave parce qu’après, en lisant le recueil, je cherche toujours à replacer les indices au lieu de m’intéresser aux histoires.
Là, avec du Karim, si vous avez la moindre idée de quoi ça parle, les Blaguàparts, faites-vous connaître. J’envoie au premier qui ne se goure pas trop un exemplaire gratuit, mais tout sali par une dédicace de moi-même.
A plus !

—STOP — Fin du jeu : c’est Gaëlle qui a gagné (mais Travis l’a bien aidée).

Les Blaguàparts, ça parle de trucs drôles, mais quand on a bien rigolé, blague à part, ça peu faire réfléchir, poser des questions, avancer le schmilblick (heu… faut pas pousser quand même).

Mais bon, surveillez le blog, il y aura au moins un autre jeu avec un exemplaire à gagner.

Et ce sera plus dur !

KaBoum !

*Salope Russe à Gros Seins, bien sûr

Que cherchez-vous ?

Publié dans Tout le reste par Don Lorenjy le 1 février, 2010
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Ami lecteur qui passe ici pour quelques secondes ou une heure, sais-tu que tu es de plus en plus nombreux ? Attends, je n’ai pas dit « assoulinement nombreux », faut pas exagérer, mais quand même, nombreux, et régulier aussi.
Je pourrais remercier et flagorner, mais s’il y a une chose dont je suis sûr, c’est que tu ne débarques pas en ces lieux mu par la seule intention (louable, certes, mais restrictive) de me faire plaisir. Enfin, merci quand même, mais ce n’est pas la question. La question du jour étant :

Ami de passage, que cherches-tu ici ?

La réponse te regarde, encore que tu peux la partager grâce au cadre commentaire ci-dessous.

Il m’arrive de penser qu’elle me regarde aussi, non pour infléchir le ton ou le sujet des billets en faveur de tes goûts que je devine éclectiques, mais pour me marrer un bon coup.
Chez Assouline, on sait ce que vient faire le visiteur : parler de lui, parfois avec ses potes de passages. Assouline n’est qu’un support, une sorte de chauffeur de bus faisant le ramassage quotidien de son équipe de vanneurs, râleur et cryptofrondeurs. Mais chez moi, alors là, y a de quoi se poser la question.

L’outil statistique wordpress m’avait appris, voici quelques mois (années ?) que nombre d’entre toi venaient ici à la recherche de salopes russes à gros seins. Ce que je comprends. De même que je comprends la déception qui a dû t’étreindre, ami quêteur russomamaire, en découvrant qu’il n’y avait rien dans ces pages qui puisse te redresser le mât. Désolé pour toi, et pour moi aussi d’ailleurs, puisque je me doute que mes bla-blas littéro socialo écolo ne t’ont pas déboité d’un iota de ta traque de poitrail. Alors qu’il y avait matière, crois-moi.

Et toi, ami autre, venu sans l’objectif de te rincer l’oeil ou faire pleurer popaul, qu’est-ce qui me vaut l’honneur ? Y a qu’à demander, et WordPress me répond.

Alors, dans le tiercé de tête, nous noterons comme critère de recherche ayant abouti dans ce petit coin de toile :

  1. bocal à poisson
  2. yann arthus-bertrand
  3. don lorenjy

Pas de doute, être sur le podium ça fait plaisir. Quant au bocal à poisson, je ne sais pas vous, mais moi ça me relativise drôlement la fierté. On ne sait jamais vraiment ce que les gens vous trouvent, mais savoir ce qu’ils vous cherchent donne une idée de l’infini, genre trou avec rien autour. Donc, un bocal à poisson et un photographe d’altitude, loin devant les très quelconques requêtes sur la SF, l’imaginaire, l’avenir de la planète et le très rigolo parcours du wanabee ayant réussi à se faire publier. Djeeb, Aria ou les Blaguàparts n’existent même pas selon vos critères. Ce qui est important pour moi ne l’est pas pour vous, et c’est tant mieux, et c’est tant pis.

Après, il y a des facteurs conjoncturels. Par exemple, la tribune de Desjardins dans Le Monde a suscité nombre de requêtes qui ont été redirigées ici. La polémique, c’est facile, ça tient chaud et ça fait venir du monde. Il m’avait suffit de mettre le nom de notre cher (voire dispendieux) président en titre pour obtenir le même résultat.
Autour de fin mars, le nombre de requêtes concernant la traque des morilles fait également un bond considérable, permettant de conclure que vous savez à quelle époque chasser cette petite sauvage fripée et délicieuse.
Mais – et c’est ce qui m’a valu l’envie de traiter ce sujet aujourd’hui alors qu’il fait -8° dehors – il faut noter l’influence de l’hiver. Au printemps et en été non, à l’automne très peu, mais force est de reconnaître que, dès la chute du thermomètre, la salope russe à gros seins fait son retour triomphant. Je ne sais pas, vous devez l’imaginer lascivement étendue sur une fourrure de zibeline (ce qui, connaissant la taille d’une zibeline, nous donne une salope russe de 30 à 50 cm), la mamelle arrogante toute dressée par le blizzard qui fait frissonner la datcha. Ou je ne sais pas, mais quelque chose dont le froid et la neige seraient responsables.

Donc, je tiens à ne pas m’excuser du fait que vos recherches soient demeurées infructueuses, amis russophiles de l’opulence poitrinaire.
Quant aux autres, oui, vous amis très chers qui peut-être n’avez pas encore été déçus de ce qui peut se trouver en ces pages prétentieusement modestes, je vous invite à jouir de tout ce qui vous est donné dans le vrai monde. Passez quand vous voulez, mais pas trop, dehors il fait beau (et sinon, débrouillez-vous pour qu’il fasse beau, au moins dans les yeux de ceux qui vous croisent). Merci.

Voilà, ça c’est des zibelines : c’est petit, teigneux et ça n’a pas de poitrine.

Avatôt ou tard

Publié dans Enervitude par Don Lorenjy le 29 janvier, 2010
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Désolé pour l’inanité du titre, mais j’avais quand même envie de la faire, voilà, c’est fait.

Et puis, tôt ou tard, il fallait bien qu’un penseur légitime rejoigne plus ou moins l’idée que je m’étais faite sur ce film, phénomène auto-réalisé (on a commencé par dire que ce serait un phénomène avant même que ça sorte, et Oh surprise ! c’est devenu un phénomène une fois sorti) que chacun critique ou encense en surface, mais que peu vont gratter vers le fond. Pierre Desjardins, auteur et professeur de philosophie au collège pré-universitaire Montmorency (Québec) a creusé l’affaire. Et en vient dans sa tribune du Monde à la conclusion que sous le rêve chatoyant, Avatar ne réussit qu’à justifier notre cauchemar diplomatique et militaire actuel.

Outre que ce jeune homme détient une certaine légitimité à énoncer ce propos, il le fait avec une clarté sans détour.

Lorsqu’on est attaqué, il faut savoir se défendre. C’est là un droit absolu. Tel est le message central de cette superproduction américaine de 300 millions de dollars qui se veut l’expression de l’idéologie guerrière, c’est-à-dire celle de la guerre dite juste ou, si l’on veut, celle du bien contre le mal…

Certes, il n’évite pas le point Goodwin (« Rappelons que même pour Hitler, la guerre était juste…« ) mais appuie son argumentation sur des détails que j’ai rarement vu relevés, comme :

Le mot même d’avatar, qui vient du sanskrit, désigne un envoyé de Dieu qui assure le combat du bien contre le mal.

Il aurait pu creuser le fondement narratif du film, alors qu’il ne fait que l’effleurer, mais ce n’est déjà pas mal :

Son réalisateur, James Cameron, aura sans doute compris mieux que tout autre cinéaste que pour qu’un film plaise, il faut savoir réconforter le public dans ses convictions.

Oui, creuser là : d’où viennent les convictions du public ? D’un storytelling de la Maison Blanche (un peu) ou de quatre mille ans de mythe et de structure narrative que l’on retrouve du conte de fée au thriller post-apo en passant par le roman historique (l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs).

Bref, en réponse à un certain forumeur qui se plaît à vilipender mon billet précédent sur divers forums en m’accusant de révisionnisme historique (voire de justificateur du colonialisme), je dirais ceci : loin de jouer les donneurs de leçons (comme il dit), je m’inquiète seulement du fait que notre soumission à certaines constructions d’histoires nous empêche de les questionner, et même de les percevoir. Platon, caverne, tout ça… je voudrais faire mon cuistre que je saurais où chercher.

Je laisse la conclusion à Pierre Desjardins, qui la mérite :

Tuer, oui, mais tuer uniquement ceux qui menacent la sécurité de nos pays ! (…) Le seul hic toutefois avec cette vieille et ridicule formule est qu’elle est valable pour tout peuple qui se sent menacé…

À l’unanimité d’une voix

Publié dans Enervitude par Don Lorenjy le 28 janvier, 2010
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Qu’est-ce que c’est, une voix ? Rien quand on les compte, tout quand on l’écoute.
J’aime bien la formule, et la question qu’elle pose : qu’est-ce que je fais de ma voix ? Qu’est-ce que je donne à écouter ? Et je peux vous dire que la question se pose avec encore plus de présence lorsqu’on se pique d’écrire avec l’ambition démesurée d’être lu. C’est incroyable de prétention et de pression morale, pour peu qu’on s’inquiète de sa place dans le concert du monde.

Peut-être y a-t-il deux sortes d’écrivains : ceux qui savent écrire, et ceux qui ont quelque chose à dire.
Pour les seconds, je ne m’inquiète pas, d’une part ils apprendront à écrire afin de faire passer ce qu’ils ont à dire, et d’autre part ils ne se prendront jamais eux-mêmes en défaut de sincérité.
Mais pour les premiers, ceux qui ont du talent, ou même seulement des facilités, et un peut d’audience, quelle pression ! Ils savent trousser une histoire, en rendre la lecture intéressante, fascinante, envoûtante. Se posent-ils parfois la question : quelle trace cette histoire laisse-t-elle dans les cœurs envoûtés ? Peut-être. Et chacun de répondre à sa façon.

Certains auteurs peuvent affirmer « ce que j’écris ne représente pas ce que je pense : j’écris ce que les lecteurs veulent lire, ce que les éditeurs veulent leur donner à lire, ou même ce que je m’amuserais à lire, même si c’est moralement contestable, parce que je pense différemment ». J’ai bien peur qu’ils se trompent et que leur morale intime soit à la juste hauteur de ce qu’ils écrivent, pas plus.

D’autres pourront dire que leur écriture est forcément le reflet de leurs préoccupations, de leurs questionnements, et donc que la question ne se pose pas en tant que telle. Peut-être est-ce une erreur, aussi. Parce que leurs préoccupations et questionnements sont passés par le filtre de leur talent ou technique narrative, et que le reflet en est trompeur.

De plus, la question en elle-même est idiote. Quelle que soit l’intention morale ou non de l’auteur, quelle que soit l’attention qu’il met à être sincère et présent dans ses écrits, cela ne laissera pas tant de trace chez le lecteur. Le lecteur n’est pas une éponge ; il a son cadre moral à lui, qui ne cède pas si facilement aux petites intrusions des auteurs.
Pourtant, à force de donner leur voix à une seule forme commune de récit, même si le fond leur est propre, les auteurs transforment collectivement leurs petites intrusions en coups de boutoir répétés sur le cadre des lecteurs. Une vision du monde « struggle for life ». Une posture défensive. Un préalable d’inclusion et d’exclusion dont les limites varient mais dont le principe est toujours présent : empathie nécessaire du lecteur pour certains personnages ou éléments de récit, et disruption, clivage, frontière naturelle avec les autres éléments.

Se poser la question de la voix que l’on donne à sa voix, ce n’est pas y répondre. D’ailleurs, il n’y a peut-être pas de réponse. Mais il y a un truc dont je suis sûr et qu’un poète a très bien exprimé :

« L’écrivain qui cherche à faire désespérer l’homme de lui-même est un médiocre et un salaud. »
Joë Bousquet (1897-1950)

Après, que l’on ne cherche pas à désespérer l’autre, mais qu’on y arrive tout de même, cela ne change rien : le mal est fait.

Voilà, c’était la page « Don Lo se prend pour notre père » du jour. Vous pouvez reprendre une vie normale.

Supermec est de sortie !

Publié dans Promo par Don Lorenjy le 25 janvier, 2010
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C’est avec une joie sans mélange que je vous annonce la parution de l’anthologie Super-Héros ! aux éditions Parchemins & Traverses.

Joie parce que l’un de mes petits textes bouffoniques et rigolatoires figure avec fieritude au sommaire : Cityville est calme ce soir.

Et sans mélange, heu… justement parce cette antho mélange les talents et promet d’être tout à fait jouissive à lire.

Maintenant, pour vous procurer cet opus prometteur (que je n’ai pas encore lu, mais croyez-moi, ça promet !), il vous suffit de foncer sur le site Parchemins & Traverses afin d’y profiter de la souscription prioritaire, laquelle vous fera économiser les frais de port.

Voilà.
Pas une bonne nouvelle : 17 excellentes nouvelles d’un coup.
Et ça ne se refuse pas.

Un cheval et demi

Publié dans Lecture par Don Lorenjy le 24 janvier, 2010
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Aujourd’hui, c’est lecture (on est dimanche). Il y a bientôt un mois que j’ai refermé Trois chevaux, de Erri De Luca. Il est temps d’en parler.

Erri De Luca, je le surveille du coin de l’œil depuis un moment. Les critiques apologétiques m’ont appris des trucs sur lui qui donnent envie. Pas sur son écriture, même pas sur sa vie : sur lui. Cet écrivain grimpe.
Pas un petit grimpaillou du dimanche comme moi, un vrai. Avec l’engagement. Une démarche qui part de la tête et a façonné le corps entier. La vie entière ? Je ne sais pas, c’est la sienne. Mais il grimpe, ça oui, et bien. A 60 ans, soit deux chevaux, il passe encore au-dessus du 7, probablement dans le 8, cotation que je n’ai jamais atteinte qu’avec les yeux.

Trois chevaux est le premier livre d’Erri à me passer entre les mains (il est italien, presque un voisin, et il grimpe, je me permets donc de l’appeler Erri). Je ne voudrais pas en dire des banalités, il mérite mieux.
Ce n’est pas un livre magique, ni magnifique, il y a même des passages où il paraît long malgré ses 140 petites pages. C’est un livre expérience, au même titre que La Route de Cormac McCarty était pour moi un livre expérience. Un livre que chacun lit à sa façon, et qui résonne suivant le type de corde dont chaque lecteur est tressé.

Ma lecture de Trois chevaux me regarde donc, et vous n’en tireriez rien, puisque la vôtre serait différente. Vous tisseriez votre propre lien avec Erri De Luca, qui n’aurait peut-être rien à voir avec l’escalade ou la transalpinitude.

Juste un chose. Erri écrit, dans la bouche d’un personnage secondaire : « La vie d’un homme dure celle de trois chevaux. Toi, tu en as déjà enterré un. » Voilà.

Moi, j’ai enterré un cheval, et puis la moitié d’un. Je suis à mi-parcours. Et pourtant, seul ce qui me reste de chemin compte. Mon expérience avec ce livre, et avec d’autres aussi, tourne autour de cela : aller voir demain en passant par aujourd’hui.
Ce n’est pas grand chose, mais ceux qui ont envie d’analyser la phrase et la grammaire verront ce qu’il y a dedans, et ce que je n’y ai pas mis.

Et vous, combien de chevaux ?

Qu’est-ce qu’on se raconte ?

Publié dans Non classé par Don Lorenjy le 18 janvier, 2010

Il y a un truc qui me turlupine (de ch’val, comme ça c’est fait, pas besoin de vous y abaisser) depuis quelque temps. Qu’est-ce qu’on se raconte quand on se raconte des histoires ?

Les bons jours, je m’autorise à penser qu’il y a matière à réfléchir. Et pour l’instant, ce n’est pas total clair dans mon esprit. Cependant, j’avance, à petits pas prudents. Ceci n’est donc pas un billet, mais un teasing.

Un jour, vous saurez tout sur… ce que j’en pense. D’ici là, chacun peut participer à la réflexion et m’apporter son aide. remerciements et gloire vous attendent (au moins !).

Ouais, je sais, ça fait envie. Que voulez-vous, la communication c’est un métier, mais l’efficacité c’est un talent.

Bon, sur ce, je vous laisse avec quelques indices…

Là, c’est facile :

Là aussi :

Là, c’est peinard, bien sûr…

Là, tranquille…

Là, c’est pas ça du tout (vous aurez compris)

Là, ça va encore :

Là, c’est beau, mais il faut reconnaître :

Donc, un indice pour le dernier indice :

Avatar, passage au noir

Publié dans Enervitude par Don Lorenjy le 8 janvier, 2010
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Tout a déjà été dit sur ce film. Du pour, du contre, des chiffres, des impressions, voire des attentes de révolution (namého, la révolution 3D, comme vous y allez… vos yeux font ça depuis tout le temps).

Je voudrais juste ajouter une note dans ce concert. Ou plutôt une lecture (oui, je lis les films, j’ai le droit, vous aussi).
Je vous fais le pitch, pour les retardataires : sur une planète lointaine, une entreprise humaine avide utilise le projet avatar (transfert d’un esprit humain dans un corps autochtone) pour percer les défenses des gentils Na’vi locaux qui ne veulent pas lui laisser exploiter tranquillement le gisement de minerai qui assure sa puissance sur Terre. Si vous n’y êtes pas encore allés, vous venez d’économiser 2h40 de vie en trois lignes. Mais ce n’est pas la question. Comment peut-on lire ce film ?

Avatar, comme figure de proue d’une narration faussement positive et définitivement noire.
Je sais, ça sonne creux. Mais accordez-moi deux minutes, je vais creuser encore.

Avatar n’est pas la fable écolo gentillette que tout le monde s’est plu à fustiger.
C’est un film qui cache, derrière une violence acceptable, une autre violence insidieuse, un film de l’impossibilité de vivre avec l’autre, un film du combat justifié par la victoire, un film du repli sur ses peurs et son territoire.
Au lieu de se frotter les uns aux autres et de s’apprivoiser, humains et Na’vi se refusent. Pas de dialogue. L’apprentissage de la langue de l’autre n’est justifié que par l’intérêt tactique ou économique. L’incorporation à l’autre n’est qu’une tactique, soit scientifique soit militaire, pour percer l’autre. Chaque situation est un conflit qui ne se dénoue que par la lutte.
La donne de départ n’envisage pas que les Na’vi puissent s’intéresser aux besoins de leurs visiteurs, qu’ils puissent répondre à ce besoin en partageant une ressource, même inutile pour eux, qu’ils puissent gagner à cet échange l’opportunité de partager leurs valeurs à égalité avec les humains, au lieu d’être immédiatement présentés comme inférieurs et colonisés.
La solution finale (ouais, je sais, tant pis) passe par l’anéantissement des forces de l’autre et son éjection pure et simple du monde.
Une fausse note d’espoir montre à la fin le héros devenir Na’vi pour commencer une vie meilleure. Retenez vos larmes de joie : ce n’est qu’une horreur maquillée en conte de fée techno-psychologique. Cela dit : « Je ne peux pas être heureux en étant moi-même au contact de ce qui est différent : soit je meurs, soit je m’identifie à l’autre ». La possibilité d’une évolution convergente n’est même pas évoquée. Les Na’vi ne peuvent changer, les humains non plus, le seul pas vers l’autre possible c’est de se nier, de disparaître, devenir l’autre. S’intégrer.
Et tout cela justifié par l’histoire. Par le fait qu’une histoire doit ménager son taux d’adrénaline, nouer ses conflits, les dénouer dans la violence, jouer de la menace et du soulagement, faire pleurer Margot sur une aventure improbable mais tellement excitante, frissonnante…
En résumé : un thème sournoisement sombre malgré une mise en image de rêve coloré, et une narration fondée sur les ressorts classiques de la peur, de la menace, de la lutte et de la victoire espérée du faible sur le fort. Malgré l’enchantement visuel, Avatar est un voyage vers le côté obscur. Au lieu de nous amener vers la lumière, il nous fait rétrograder dans les grottes de notre inconscient, mais pas pour motiver une réaction : seulement pour nous y complaire.

Voilà ce que ce genre de films nous fait avaler, pas volontairement, simplement parce que le mode narratif le plus efficace fonctionne ainsi.
Si nous voulons sortir un peu de notre préhistoire avant l’extinction, il va peut-être falloir trouver d’autres façons de raconter nos histoires et aussi d’autres raisons de les aimer.

2009 (+ 1) : point

Publié dans Djeeb, Promo, Textes par Don Lorenjy le 28 décembre, 2009
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Ah là là lààà ! ça y est, 2009 tire à sa fin. Et qu’est-ce qu’on en garde ?

Vous, je ne sais pas (mais j’espère : tout plein de bonnes choses). Quant à moi, ça me regarde, sauf en ce qui concerne ce que j’ai fait pour vous.

Alors voyons… l’insurrection climatique, on va dire que c’est un bide. Tant pis. Non, pas tant pis, mais il va falloir s’y prendre autrement. On réfléchit, si vous avez des idées, partagez-les. Merci (vraiment !)

Pour l’écriture, disons qu’on a bien bossé. Au moins, beaucoup. Bien, ce sera à vous de dire. Parce qu’on va vous demander votre avis. Sur quoi ? Il y a déjà eu Djeeb le Chanceur, le roman publié par Mnémos et signé Laurent Gidon (je sais, je rabache, mais en matière de promo, trop c’est déjà pas assez). Si vous avez quelque chose à en dire, c’est par là. Il y a eu aussi Viande qui pense, la nouvelle signée Don Lo dans la revue Bifrost n°56. Vous pouvez trouver la revue là ou chez votre libraire. Il aurait dû y avoir Cityville est calme ce soir, nouvelle dans l’anthologie SuperHéros des éditions Parchemins & Traverses, sauf que la parution est légèrement retardée. Pas grave, je vous tiendrai au courant.

Et puis il y ce que j’ai écrit en 2009 et qui sortira… en 2010 au mieux.

Dans l’ordre chronologique probable :

Les Blaguàparts, un recueil de nouvelles dont je suis en train de terminer les dernières corrections avec l’aide de Karim Berrouka. 16 nouvelles, inédites pour la plupart, censées faire rire, quitte à faire réfléchir un peu… ou pas.

Ecran des larmes, signé Laurent Gidon, une des nouvelles lauréates du prix Plumes d’Agence, sera publiée dans un recueil sous le label des Editions La Table Ronde (quelle fiéritude pour moi !). Ce texte est l’un de ceux que je destine à un recueil litt gén, sous le titre provisoire de Une femme toute nue sauf la tête.

Djeeb l’Encharmeur, une nouvelle où nous en apprendrons plus sur la jeunesse tulmultueuse de Djeeb Scoriolis, comme sur l’arrière-plan de l’Arc Côtier, écrite pour l’anthologie Sorcières et Magiciennes des Imaginales. Et je suis d’une fierté de buraliste d’avoir été retenu dans ce volume. Merci Stéphanie.

Toumaï Transfert et Toumaï Tango, deux textes en miroir pour l’anthologie Afrique(s) des éditions Parchemins & Traverses, parution mi-2010.

Djeeb le Courseur, roman signé Laurent Gidon aux éditions Mnémos, parution en juin 2010. Hélène Ramdani travail en ce moment sur la relecture et sur l’illustration de couverture. A noter que Djeeb le Chanceur ressortira au même moment, avec un texte corrigé et une nouvelle couverture. L’été sera Djeeb !

Question projets, je me suis mis à l’écriture du Chant Sombre, troisième volet de la trilogie Aria (après Aria des Brumes et Air de la Terre, déjà écrits). C’est en retrouvant Chloé et Isa au salon de Cluses que l’envie de m’y remettre m’a pris. Leur enthousiasme à la lecture du premier tome, publié chez feu le Navire, est ma plus belle motivation (rappelez-vous : toujours écrire pour quelqu’un). Et, en y réfléchissant, la trilogie risque de virer tétra, puisque les grandes lignes d’un quatrième tome se dessinent quelque part entre mes oreilles. Qui publiera ça ? Aucune idée, et on s’en fout, on écrit.

Côté Djeeb, deux fers au feu : Capitaine Djeeb, un roman en gestation, et A la pointe du Djeeb, nouvelle pour une anthologie De Cape et d’Esprits chez Rivière Blanche.

Voilà, c’est tout. Du boulot en perspective… Ce que je souhaite pour 2010 ? Pour moi, rien d’autre que d’y arriver. Et pour vous ? Du bon, que du bon. De vous pencher les uns vers les autres (ceux qui recevront la carte/nouvelle de cette année comprendrons) et de tourner toujours plus de jolies pages. D’ailleurs, voici la carte/nouvelle écrite pour 2008. C’est pour vous. Bisous.

Une page de plus

Depuis quelques temps, le vieux Thomassin lisait une page par jour et s’en portait très bien. Il se retenait d’aller plus vite, de courir voir la fin par impatience. De même, il réussissait à ne pas revenir sur les pages précédentes. Tant pis pour les détails oubliés. Et ce qui ne lui avait pas plu était passé, n’en parlons plus. Un peu de discipline au début, puis le pli avait été pris. Il s’interdisait même de se demander pourquoi il n’avait pas commencé plus tôt. Comment vivait-il avant, quand il dévorait son livre ou revenait sans cesse sur les pages déjà lues ? Cela même, il n’y pensait plus. Une page pour chaque jour suffisait bien à son bonheur.
Lu comme cela, le livre en cours lui plaisait bien. À force de l’ouvrir et de le fermer jour après jour, la reliure avait souffert. Certaines pages, près de la fin, étaient prêtes à se détacher. Il n’y voyait pas de problème : une fois terminé, le livre rejoindrait la bibliothèque dont il ne sortirait plus. Pas besoin de s’inquiéter de son état.
Pourtant ce matin-là, lorsqu’il prit le gros volume sur sa table de chevet, un coup de froid traversa le vieillard. La page du jour n’était pas là. Ou plus là ? Quoiqu’il en soit, il se souvenait très bien du numéro de la veille : 364. Il n’était pas question de la relire pour vérifier, c’était la page d’hier. Et aujourd’hui, pas de 365. Ni de 366, le livre était fini. Mais pas l’histoire, pas celle que Thomassin lisait. Il sentait bien qu’il y fallait encore une page au moins, même presque rien, quelque chose comme un point final.
Il chercha autour de lui, sur le lit, sous les draps, vers la tablette près de ses oreillers. Rien. Si la feuille perdue s’était échappée du livre, elle avait dû voler plus loin, hors de portée. Il aurait fallu se pencher un peu, se lever même, pour vérifier. Les forces lui manquaient. Il se sentait vieux et fatigué. D’autant plus vieux et fatigué que sans sa page à lire, c’était toute l’énergie de la journée qui lui faisait défaut. Il entreprit d’attendre.
À l’étage en dessous, la famille s’éveillait. Un peu tard, certes, mais c’était une période de vacances et le froid d’hiver les tenait plus longtemps sous la couette. Un grincement d’escalier l’avertit enfin que le petit déjeuner arrivait. La porte de la chambre s’ouvrit doucement, sans qu’on frappe puisqu’il ne répondait plus. Une fillette entra, avec un plateau où fumait le bol de café bien sucré. Elle souriait en lui posant sur les genoux.
— Tiens, Papi. Je crois qu’il n’est pas trop chaud, mais fais attention quand même. Oh, c’est à toi, ça ?
Son regard s’était arrêté sur la descente de lit, bien inutile puisque Thomassin n’en descendait plus. Elle se pencha, s’agenouilla, puis lui tendit une feuille volante, du format de son livre.
Le vieux la remercia des yeux. Ce serait une belle journée, finalement. Une belle journée pour enfin finir son livre. Il s’absorba dans sa lecture parcimonieuse et ne sentit pas la fillette ressortir sur la pointe de ses petits pieds.
Le soir venu, il avait fini la page. Comme tous les soirs. Et il avait fini le livre. Se sentait-il le courage d’en commencer un autre ? Il faudrait attendre demain pour le savoir. Et si demain ne se levait pas, eh bien… pas besoin de nouveau livre, n’est-ce pas ? L’attente de la nuit commença donc, sur cette incertitude.
En bas, une certaine agitation grandissait, avec un air de fête. Thomassin patientait en s’imaginant participer. Que fêtait-on ? Peu importait. Il se sentait glisser dans un tourbillon de joie lumineuse où sa solitude quotidienne venait se diluer dans celle des autres. Il avait bien envie de larguer les amarres pour se laisser emporter. Fini la page de chaque jour. Fini les nuits sans bruit et sans lumière, à juste attendre le lendemain. Peut-être était-il temps d’aller voir ailleurs. Mais une clarté puissante le ravit à cet abandon. Quelqu’un avait allumé la lampe de sa chambre.
— Papi ? Regarde, je t’ai trouvé un nouveau livre. Il est au moins aussi gros que l’autre. Je crois même qu’il y a une page de plus*. Tu pourras le commencer demain.

(rappelez-vous : 2008, année bissextile)

Bonne année à vous et aux vôtres. Si vous cherchez un texte de carte de voeux, utilisez donc Une page de plus (seulement s’il vous a plu). En creative commons, juste paternité. Merci.

Bon, il faut y aller…

Publié dans Enervitude par Don Lorenjy le 21 décembre, 2009
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Voilà, ils ont réussi. Quinze jours de corrida à banderilles mouchetées, avec claquements de portes et rappels larmoyants (je sais, on passe dans le registre du boulevard, mais on n’est plus à ça près), pour clore des mois de négociation sur un non-accord. On promet de ne rien changer et de se retrouver dans 6 mois pour en parler à tête reposée. Ils sont très forts.

C’est vrai. Nos dirigeants ont fait la seule chose sensée à l’issue de la conférence de Copenhague. Vous savez, cette conférence sur un sujet qui nous touche tous : le climat et l’environnement en général. On baigne dedans, c’est notre patrimoine à tous et à chacun, rien qu’en respirant (et on respire, rappelez-vous) on sent bien que ce qui nous entoure entre en nous, c’est nous, et si ça pue on pue.
Donc, là où je les attendais sur une manifestation honteuse de plus, nos chers dirigeants m’ont pris de court avec un succès incontestable.

Lequel ?

Je vous sens pantelants d’impatience. Qu’ont-ils donc mené à bien au cours de cette immense tartuferie mondiale ? Qui peut lire dans ce naufrage attendu et multi-commenté une réussite explosive ? Moi. Et vous aussi. Nous tous. Voici.

En refusant de prendre les engagements que tous les peuples attendaient pour avoir une chance de survivre, les dirigeants ont pris la seule décision courageuse : nous passer la main.

Ils n’y arrivent pas ? OK ! Ils ne peuvent pas, au nom justement de l’intérêt supérieur (Ha, Ha !) de ces peuples qui justement les supplient de ne plus tergiverser, ils n’arrivent pas à se mettre d’accord pour arrêter le massacre ? OK ! On va s’en charger.

J’appelle – ouais, je fais mon grand Charles quand je veux – j’appelle donc à une insurrection climatique générale.

On va leur montrer, à ces Jean-Foutre politiques que les peuples qu’ils protègent ont reçu le message. Insurrection ! ! !
Pas en brûlant des voitures (cela rejette du CO2, réfléchissez un peu), mais en réduisant de nous-mêmes notre empreinte climatique. Sans leurs décisions à la con. Une insurrection positive.

Insurrection : voter avec nos porte-monnaie, puisque les bulletins ne servent à rien !
Insurrection : consommer moins, se limiter sur le superflu pour mieux choisir l’indispensable !
Insurrection : réinvestir les économies réalisées sur des produits locaux, saisonniers, utiles !
Insurrection : ne plus écouter les discours abêtissants et prendre notre destin en main, chacun selon ses convictions, mais y aller !
Insurrection : couper la radio, la télé, garder les journaux pour démarrer le feu et recommencer à se frotter aux autres pour voir de quoi on a vraiment besoin !
Insurrection : se tourner vers ses voisins, ses proches, qui sont plus vrais et pourtant plus difficiles à convaincre que ceux qui, par la magie de l’Internet, sont d’accord avec vous de l’autre côté de la planète !
Insurrection : prendre le risque de l’humain et du contact pour mener un travail de fond que les politicards viennent de remettre entre nos mains !

Insurrection : merci à eux !

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